Un risque calculé

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin... (Patrick Woodbury, Archives Le Droit)

Agrandir

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin

Patrick Woodbury, Archives Le Droit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

CHRONIQUE / Un candidat à la mairie de Gatineau qui amorce sa campagne électorale en promettant des hausses de taxes de 10,8 % sur 4 ans, c'est une stratégie pour le moins... audacieuse.

Ce n'est rien, mettons, pour gagner un concours de popularité auprès des électeurs. Personne n'aime voir son compte de taxes augmenter année après année, surtout pas les retraités dont les chèques de pension ne sont pas indexés au coût de la vie !

C'est pourtant ce qu'a fait le maire sortant Maxime Pedneaud-Jobin, mercredi, en dévoilant son cadre financier avant même le début officiel de la période électorale. 

S'il est réélu, M. Pedneaud-Jobin compte plafonner les hausses de taxes à 2,5 % à partir de la deuxième année d'un éventuel second mandat. C'est à peine un peu moins que les hausses de 2,9 % des dernières années. Non, ça ne fera pas une grosse différence sur le compte de taxes. Mais ça suffira pour lui permettre de clamer, sans mentir, qu'il soulage la pression sur le fardeau fiscal des Gatinois.

Et puis, le maire sortant prend un risque calculé en annonçant si tôt des hausses de taxes impopulaires. L'impact négatif de l'annonce, s'il y en a un, aura bien le temps de se dissiper d'ici au jour du scrutin.

D'autant plus que les contribuables acceptent de plus en plus largement l'idée que les gels de taxes à répétition, qui étaient jadis la norme, sont devenus irresponsables dans l'état de décrépitude actuel des infrastructures municipales.

L'autre avantage de cette stratégie, c'est que ses adversaires à la mairie devront maintenant se positionner par rapport à son engagement de limiter les taxes à 2,5 %.

S'ils veulent réduire les taxes davantage, les Denis Tassé, Sylvie Goneau et les autres candidats devront expliquer clairement comment ils s'y prendront.

J'entendais Mme Goneau affirmer, sourire en coin, qu'il lui sera aisé de baisser les taxes davantage que MPJ. Facile à dire ! Il lui faudra couper quelque part. J'ai bien hâte de savoir où. Quant à Denis Tassé, il a refusé de dire où il logeait sur la question des taxes.

Ceci dit, le cadre financier d'Action Gatineau est cohérent, rigoureux et détaillé. On ne s'attend à rien de moins de la part du maire sortant qui, contrairement à certains de ses adversaires, dispose d'un accès privilégié aux documents budgétaires et aux hauts fonctionnaires. Il contient peu de surprises et s'inscrit en droite ligne avec ce qui se fait déjà à la Ville de Gatineau.

M. Pedneaud-Jobin maintiendrait les investissements actuels dans les infrastructures - une façon de contrer le discours de Denis Tassé qui fait l'essentiel de sa campagne là-dessus.

Il consacrerait toutefois plus d'argent aux « services à la personne », un concept un peu nébuleux, qui vise à satisfaire sa base de militants chez Action Gatineau.

Le plus surprenant dans son cadre financier, c'est l'absence totale de toute mention directe concernant les bibliothèques, un enjeu que le maire a pourtant à coeur. 

En point de presse, il a même fallu lui poser des questions pour qu'il évoque le sujet. M. Pedneaud-Jobin a dû admettre que la construction de la bibliothèque centrale ne se fera pas dans les prochains quatre ans. 

Il a beau dire qu'il veut prendre le temps de faire les choses comme il faut, de rencontrer les partenaires et les bailleurs de fonds potentiels, il n'en fait clairement pas une priorité. Il faut sans doute y voir une concession de sa part. La population semble plus pressée d'avoir de nouveaux arénas communautaires qu'une Grande Bibliothèque...




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer