État de choc

Mika n'avait qu'une idée, réussir son plaqué. Le... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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Mika n'avait qu'une idée, réussir son plaqué. Le résultat: une violente commotion cérébrale.

Patrick Woodbury, Le Droit

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CHRONIQUE / Dans le feu de l'action, Mika Paquin-Dalaire n'avait qu'une idée en tête : réussir un plaqué spectaculaire contre le porteur de ballon qui courait à toute allure sur le terrain.

Un plaqué qu'il a complètement raté...

L'instant d'après, le maraudeur de 15 ans gisait au sol, incapable de se relever. Ce jeune espoir du football québécois, qui joue pour l'Arsenal de l'école Nouvelle-Frontières, venait de subir une violente commotion cérébrale.

« J'ai déjà eu mal à la tête au lendemain d'un match, mais c'est la première fois que je subis un choc aussi sévère », nous a raconté cette semaine Mika, toujours au repos forcé une semaine après le choc.

Avec le hockey, le football est considéré comme l'un des sports les plus à risque pour les commotions cérébrales. Heureusement, après des années de laxisme, les équipes de football amateur prennent plus au sérieux les séquelles des chocs à la tête. L'exemple de la NFL, et son protocole serré pour dépister les commotions y est sûrement pour quelque chose.

« C'est beaucoup plus réglementé qu'avant », constate le père de Mika, Alain Paquin, qui assistait à la séance d'entraînement, le jour où son fils a été blessé.

Comme tous les joueurs de l'Arsenal, Mika a subi une évaluation de son état de santé en début de la saison. Ce test, le SCAT, sert de référence en cas de choc à la tête pour déterminer si un joueur a subi une commotion.

« C'est moi qui avais fait passer les tests SCAT en début de saison, reprend Alain Paquin. Quand Mika est tombé, c'est donc moi qui l'ai évalué. Sur le coup, il ne semblait pas souffrir d'une commotion cérébrale. »

Mais le lendemain, les choses s'étaient gâtées. Les maux de tête persistaient. Mika souffrait également d'une hypersensibilité à la lumière. Autant de signes précurseurs d'une commotion cérébrale ! Père et fils se sont donc rendus au C-Centre, une clinique spécialisée dans le traitement des commotions cérébrales à Gatineau.

Là, on a prescrit le repos complet à Mika.

« Je dois rester dans ma chambre, à la noirceur, le plus longtemps possible, raconte le jeune footballeur. Je peux recommencer à réintégrer des exercices physiques et des travaux d'école, mais seulement à petites doses. Et dès que les symptômes reviennent, je dois recommencer ma routine depuis le début. »

La réhabilitation s'avère frustrante par moment. « J'ai tenté de revenir à l'école pour une demi-journée, lundi dernier, comme le prévoit le protocole. Mais je ne me sentais vraiment pas bien. Les maux de tête et les maux de coeur sont revenus. J'ai aussi des problèmes de sommeil. Mon humeur change. Je suis plus triste. Plus irritable aussi. »

Confiné à sa chambre, Mika a eu tout le temps de repasser le fil des événements. Les deux joueurs qui courent à toute vitesse. Le plaqué raté. Son casque qui s'écrase contre le torse de l'adversaire. Le violent mal de tête...

« C'est le choc le plus sévère que j'ai encaissé depuis mes débuts au football, il y a 5 ans, raconte-t-il. Pourtant, les entraîneurs nous enseignent des façons de plaquer pour éviter les commotions. Sur ce coup-là, l'instinct a pris le dessus. Je voulais juste faire un gros plaqué. Et j'ai oublié tout ce que j'avais appris... »

Mika n'abandonne pas son rêve de percer chez les professionnels. « Mais je devrai changer ma façon de frapper l'adversaire. Pour ne pas le blesser, et pour ne pas me blesser, moi. »

Son père a travaillé de la maison une partie de la semaine pour accompagner Mika dans sa réhabilitation. Il croit que le club de football a fait tout ce qu'il fallait faire dans les circonstances.

« L'équipe d'entraîneurs est très consciencieuse, assure Alain Paquin. Ils sont formés pour reconnaître les commotions cérébrales. Ils en parlent aux parents lors des rencontres de début d'année. Ils leur rappellent que les enfants sont des étudiants avant d'être des athlètes. C'est vraiment une priorité pour eux. Notre cerveau, on s'en sert toute notre vie. Alors que le football, c'est temporaire... »




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