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« La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec croyait... (Archives, Le Soleil)

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« La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec croyait avoir perçu une ouverture de la part du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, à modifier les règles pour attribuer des médecins de famille sans exiger un examen préalable du patient. Interrogé à ce sujet, le ministre Barrette a cependant nié vouloir assouplir les règles », souligne le chroniqueur Patrick Duquette.

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CHRONIQUE / Voilà quelques années, un ami m'a refilé une info. Un médecin prenait de nouveaux patients. Appelle à telle place, vite, vite...

J'avais réussi à obtenir un rendez-vous pour la préinscription. Le médecin m'avait posé quelques questions, ausculté un peu, et le tour était joué. J'étais pris en charge. Du moins, le croyais-je.

Quand je suis tombé malade, quelques mois plus tard, j'ai téléphoné à « mon » médecin de famille. Et téléphoné encore. Pas moyen d'avoir la ligne. Pas de retour d'appels malgré mes messages de plus en plus désespérés sur le répondeur.

La mort dans l'âme, j'ai compris que je n'avais pas réellement un médecin de famille. J'ai dû aller encombrer l'urgence pour me faire soigner. Résigné, je me suis réinscrit au guichet d'accès pour obtenir un autre médecin. Depuis ce temps, je figure sur la liste des patients orphelins de l'Outaouais...

Bref, je prends ce détour pour vous parler de cette nouvelle parue dans Le Droit de mercredi.

La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec croyait avoir perçu une ouverture de la part du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, à modifier les règles pour attribuer des médecins de famille sans exiger un examen préalable du patient. Interrogé à ce sujet, le ministre Barrette a cependant nié vouloir assouplir les règles.

Pourtant, beaucoup de patients à la recherche d'un médecin n'ont pas besoin d'être vus dans l'immédiat. En outre, des lecteurs me font remarquer que ces rendez-vous de préinscription relèvent souvent de la mascarade. Le médecin est pressé, il ouvre un dossier, te pose quelques questions et... au suivant ! Tant qu'à faire des consultations inutiles, autant permettre aux médecins de voir des patients qui ont un besoin urgent. 

Maintenant, même à supposer qu'on réussisse à attribuer 85 % des patients du Québec à des médecins, comme le souhaite le ministre Barrette, j'ai encore un doute. Ce médecin, qu'on m'aura si gentiment attribué, sera-t-il en mesure de me soigner le jour où j'en aurai vraiment besoin ? Ou bien vais-je me buter à une boîte vocale ? Avec l'expérience que j'ai vécue, je me pose la question.

Et je m'inquiète d'autant plus qu'on semble se diriger vers une médecine fast-food au Québec. Les nouvelles supercliniques ont des quotas de patients à voir. Faut que ça roule ! Un patient n'attend pas l'autre. On fait comme dans les cliniques Appletree en Ontario. Un modèle qu'on a beaucoup vanté, mais qui favorise une médecine expéditive.

Or la dictature des quotas du ministre Barrette est incompatible avec une plate réalité : bien soigner, des fois, ça prend du temps. 

Je connais un médecin québécois qui a décidé d'ouvrir sa pratique privée en Ontario. Il en avait marre de voir des patients à la chaîne. Pour lui, ce n'était pas faire de la médecine. Il voulait prendre le temps d'analyser la condition générale du patient. Pas juste geler la douleur avec des médicaments ou calmer son angoisse en l'envoyant passer des examens.

Quand mes maux de dos sont apparus, j'ai consulté en Ontario et au Québec. J'ai eu droit à des médecins expéditifs qui m'ont posé deux ou trois questions, avant de me prescrire des médicaments. Puis il y a eu ce médecin du privé qui a pris le temps de m'expliquer ce que j'avais.

Oui, la consultation a duré plus que 5 minutes. Mais en sortant de son cabinet, j'avais des outils pour me prendre en main. Je savais ce que j'avais à faire pour guérir et prévenir de futurs maux de dos. Ce n'était ni me bourrer d'antidouleurs ni aller végéter dans une urgence bondée.

Je suis convaincu que ce médecin-là a rendu service au système de santé en investissant un peu plus de temps pour moi cette journée-là. Reste que le meilleur moyen d'éviter les hôpitaux, c'est de se garder en santé. Ce que je tente de faire avec l'énergie du désespoir sur les courts de squash...




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