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Le maire de Gatineau Maxime Pedneaud-Jobin voit maintenant son nom lié à celui de son parti.

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CHRONIQUE / J'entends encore Maxime Pedneaud-Jobin en 2013, alors simple candidat à la mairie de Gatineau, répéter que les campagnes à la mairie devaient cesser d'être des concours de personnalités. Je l'entends encore vanter la différence que son parti politique, Action Gatineau, allait faire en mettant l'accent sur les idées, sur un programme, plutôt que sur la personnalité d'un chef.

Or qu'est-ce qu'on apprend ?

Qu'à la veille des élections municipales du 5 novembre prochain, Action Gatineau misera résolument sur la notoriété du maire Pedneaud-Jobin dans ses outils de marketing. On a même changé le nom officiel du parti pour y ajouter le nom du chef. Si bien qu'on parle maintenant d'« Équipe Pedneaud-Jobin - Action Gatineau » plutôt que simplement Action Gatineau.

Alors voilà, je trouve que pour un gars qui ne voulait pas faire de concours de personnalités, M. Pedneaud-Jobin n'hésite pas très longtemps avant de mettre son nom avant celui de son parti !

Vous allez me dire que tout ça est normal, que M. Pedneaud-Jobin est plus connu que son parti dont on n'a pratiquement pas entendu parler au cours des 4 dernières années. Et c'est vrai. Comme il est vrai que le maire sortant est aussi plus connu que les deux autres candidats en lice dans la campagne à la mairie de Gatineau.

Vous allez me dire que M. Pedneaud-Jobin serait bien fou de ne pas user de sa notoriété pour mousser sa campagne à la mairie. Je vous l'accorde. Du strict point de vue de la stratégie électorale, tout cela est plein de bon sens.

Mais les gens ont oublié que Maxime Pedneaud-Jobin promettait de faire de la politique autrement lorsqu'il s'est présenté contre Marc Bureau en 2013. À l'époque, c'était lui le moins connu des deux candidats. C'était lui l'outsider par rapport à Marc Bureau. Je me rappelle combien il insistait pour dire que les campagnes devaient porter davantage sur les programmes.

Maintenant qu'il est le plus connu des candidats, il ajoute son nom à celui de son parti, et hop, personne n'en fait grand cas.

Pourtant, au parti Projet Montréal, où ils ont fait la même chose, il y a eu des débats à l'interne, rappelait mon collègue Jacques-Normand Sauvé dans son papier de mercredi. Des militants ont insisté pour rappeler qu'un parti n'est pas l'affaire que d'un seul homme et que rebaptiser une formation politique en y ajoutant le nom du chef envoyait un curieux message.

C'est ce que je trouve aussi.

Notez aussi que les stratèges d'Action Gatineau préfèrent parler d'« équipe » plutôt que de nommer Action Gatineau pour ce qu'il est vraiment : un parti politique. 

Et c'est vrai que « Parti Pedneaud-Jobin - Action Gatineau » ne sonnait pas aussi bien. Cette formulation-là aurait vraiment donné l'impression que ce parti est celui d'un seul homme...

Alors on a choisi de parler d'une « équipe ». 

Ce qui devrait tous nous faire sourire. Rappelez-vous quand les deux conseillers indépendants Daniel Champagne et Gilles Carpentier ont annoncé qu'ils s'associaient pour former une « équipe » en vue des prochaines élections.

On s'est vite inquiété du flou autour de ce concept d'« équipe ». Vite, vite, vite on leur a posé la question : allez-vous former un parti politique ? Aussi vite, ils ont répondu : non, non, non. Comme si on leur demandait s'ils avaient déjà eu une carte de membre du Ku Klux Klan ou de La Meute.

Ce que j'en retiens ? Que le mot « parti » est encore trop chargé des effluves de la commission Charbonneau pour qu'on se risque à le mettre de l'avant en campagne électorale. « Équipe » est tellement plus rassembleur, qu'on soit membre d'un parti... ou pas.

Et vive le marketing.




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