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« La crise actuelle est simple à comprendre. Elle vient du fait que même si on vit dans un monde de plus en plus global, nous avons conservé nos vieux réflexes de gens refermés sur nous-mêmes », est d'avis le chroniqueur Patrick Duquette.

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CHRONIQUE / Philippe Couillard a raison. C'est la responsabilité des dirigeants de faire appel au côté le plus noble de la nature humaine dans le discours politique, au lieu d'attiser les craintes et même parfois les réflexes de rejet des gens.

C'était important de le rappeler après les violentes manifestations en Virginie, la réaction des Québécois face aux demandeurs d'asile à la frontière canadienne et la mobilisation de militants d'extrême-droite sur les réseaux sociaux au Québec.

Je le confesse, j'ai été très dur par le passé envers les gens qui rejettent les immigrants. Je suis de ceux qui refusent de se laisser dominer par la peur, surtout par la peur de l'autre. Et j'ai tendance à voir ce qui nous rassemble plutôt que ce qui nous divise comme être humain.

Mais à la longue, j'ai fini par admettre une chose : c'est normal d'avoir des craintes face à un nouvel arrivant qui a un mode de vie et une vision du monde différente de la nôtre. C'est un réflexe de défense qui remonte à la nuit des temps. Il est là pour rester. Mieux vaut l'admettre !

Mais ce n'est pas une raison pour s'y abandonner. Au contraire, je pense qu'il faut combattre ce réflexe de rejet antédiluvien. Pas par grandeur d'âme, mais par nécessité. Qu'on le veuille ou non, nous vivons dans un monde de plus en plus global. On peut bien se faire accroire que ce n'est pas le cas, c'est juste la plate vérité.

La souveraineté économique n'existe plus. Chaque pays est plus ou moins dépendant des autres pays. Prétendre, comme le fait Donald Trump, que l'Amérique pourra retrouver sa grandeur d'antan en se refermant sur elle-même, c'est un mensonge éhonté.

Les changements climatiques menacent le genre humain et la seule riposte efficace devra venir de tous les pays réunis. On ne peut plus faire semblant que les grandes migrations causées par la guerre ou la désertification ne sont pas notre problème sous prétexte que ça se passe à l'autre bout du monde.

Il suffit de se connecter sur Facebook ou les autres médias sociaux pour réaliser que la planète est plus interconnectée que jamais. En quelques clics, on a accès au quotidien de gens qui vivent à l'autre bout du monde, en Iran, au Japon, en Allemagne.

Des gens qui vivent dans des pays très différents, et qui mettent pourtant les mêmes banales niaiseries que nous sur leur profil Facebook : un selfie en vacances, un article sur leur chanteur ou leur athlète préféré, une photo de famille ou, encore, de leur animal préféré.

On est tous plus ou moins pareils, dans le fond.

La crise actuelle est simple à comprendre. Elle vient du fait que même si on vit dans un monde de plus en plus global, nous avons conservé nos vieux réflexes de gens refermés sur nous-mêmes. Et au lieu de protéger les institutions qui nous permettent de penser en termes globaux comme le Sommet de Paris sur les changements climatiques, l'Union européenne ou l'ONU, on les remet plus que jamais en question sous prétexte qu'ils menacent les identités nationales.

Dans ce contexte explosif, le discours politique de nos dirigeants ne doit pas se limiter à attiser les bas instincts du genre humain, mais plutôt à susciter la réflexion et l'ouverture à l'autre. Mais bon, il semble que ça ne soit pas assez efficace au goût de certains lorsqu'il s'agit de faire le plein de votes !




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