Pressage de citron électoral

Futur aréna Guertin de Gatineau... (Courtoisie)

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Futur aréna Guertin de Gatineau

Courtoisie

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CHRONIQUE / La majorité des Gatinois est écoeurée d'entendre parler de la saga Guertin. Et pourtant, certains élus, Denise Laferrière en tête, s'acharnent à maintenir en vie la vieille controverse.

Avec son avocat Jean-Carol Boucher, la conseillère municipale espère démontrer que le projet de loi privé 227 qui donne le feu vert au projet du nouveau Guertin est... illégal.

Et bien, bonne chance !

Me Boucher aura besoin de tous ses talents de plaideur pour convaincre un juge d'invalider une pièce législative adoptée et même applaudie, pas plus tard que le mois dernier, par les députés de l'Assemblée nationale.

Oui, on peut légitimement contester le chemin tortueux choisi par l'administration du maire Maxime Pedneaud-Jobin pour faire aboutir le dossier Guertin qui traînait depuis plus de dix ans.

D'ailleurs, Mme Laferrière et les autres élus opposés au maire ne s'en privent pas. Ils lui ont abondamment reproché l'utilisation du huis clos et le choix d'un partenaire sans appel d'offres. Et ce sont des critiques tout à fait valables.

Mais je serais étonné qu'on trouve une faille légale dans le projet de loi privé 227, qui consent justement à faire une exception aux règles habituelles pour Gatineau. 

Il faut se rappeler que la Ville de Gatineau a conçu cette pièce législative en étroite collaboration avec les avocats du ministère des Affaires municipales.

Les procureurs des deux parties ont travaillé ensemble du début à la fin. On peut parier que la légalité du projet de loi a été vérifiée plutôt deux fois qu'une afin d'éviter toute mauvaise surprise.

En fait, il est à ce point douteux qu'on trouve une irrégularité dans le projet de loi qu'on peut se demander ce qui se cache réellement derrière la démarche entreprise par Mme Laferrière.

Parce que tout en accusant le maire Pedneaud-Jobin de manquer de transparence, tant Mme Laferrière que Me Boucher refusaient lundi de dire qui finance leur croisade devant les tribunaux.

Ils admettent toutefois que la Corporation des entrepreneurs généraux du Québec (CEGQ) est associée à leur démarche. Or l'CEGQ a dénoncé avec vigueur le projet de loi privé 227 en commission parlementaire, en juin dernier.

D'ailleurs, plusieurs des arguments avancés lundi par Mme Laferrière et Me Boucher reprennent les préoccupations de l'CEGQ, notamment en ce qui a trait à l'absence d'appels d'offres et les allusions répétées à la collusion mise au jour à la commission Charbonneau.

Encore une fois, ce sont des enjeux légitimes. Mais si Mme Laferrière agit comme porte-parole de l'CEGQ, qu'elle le dise clairement.

À moins que cet acharnement ne vise surtout à garder le dossier Guertin en vie assez longtemps pour qu'il devienne un enjeu lors de la campagne à la mairie de Gatineau, l'automne prochain.

C'est une stratégie qui pourrait profiter aux adversaires du maire sortant. Les candidats à la mairie Denis Tassé et Sylvie Goneau se plaisent à répéter que le maire Pedneaud-Jobin a caché des choses au reste du conseil municipal dans ce dossier.

Maintenant, il faudra voir s'il est encore possible d'extraire du jus électoral de la saga Guertin, un citron qui a été pressé, et pressé encore au cours des dernières années. Les gens ont juste hâte de tourner la page une fois pour toutes sur cet épisode peu inspirant de leur petite histoire.




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