Pédaler en toute sécurité

Cécile Lecoq a récemment lancé une pétition demandant... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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Cécile Lecoq a récemment lancé une pétition demandant à la Ville de Gatineau de se doter de pistes cyclables sécuritaires.

Patrick Woodbury, Le Droit

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CHRONIQUE / Cécile Lecoq a lancé une pétition en ligne exhortant la Ville de Gatineau à se doter de pistes cyclables vraiment sécuritaires. En un rien de temps, elle a recueilli 280 signatures, de même que des dizaines de témoignages de cyclistes ayant été victimes ou témoins d'accidents.

La jeune mère de famille, qui pédale chaque jour entre son domicile du secteur Aylmer et son boulot dans le parc industriel de Hull, a décidé d'agir après avoir elle-même échappé à un bête accrochage.

Alors qu'elle circulait en vélo sur la piste cyclable de la rue Isabelle, elle a évité de peu une collision avec un conducteur insouciant qui sortait de sa cour. Ce jour-là, elle a réalisé que la ligne blanche qui délimite la piste cyclable offre une sécurité bien illusoire à ceux qui l'empruntent...

Disons-le tout de suite, Mme Lecoq reconnaît les récents efforts de la Ville de Gatineau en faveur du vélo. Depuis 2010, la municipalité a décuplé ses investissements dans le réseau cyclable, notamment afin d'encourager plus de travailleurs à pédaler jusqu'au boulot. Gatineau est maintenant reconnue comme une ville « vélosympathique » par Vélo Québec et prévoit investir 4,5 millions cette année pour développer de nouveaux sentiers cyclables et compléter des liens manquants. 

« Mais il reste que les aménagements cyclables à Gatineau sont souvent incomplets et insuffisants, tempère Mme Lecoq. Il est reconnu qu'il ne suffit pas de peindre une ligne blanche sur une voie de circulation pour en faire une piste cyclable. Sans compter qu'à Gatineau, de nombreuses intersections sont dangereuses », dit-elle.

La réalité, dit Mme Lecoq, c'est que tous ceux qui décident de se déplacer en vélo pour se rendre quotidiennement à leur travail doivent avoir... une certaine tolérance au risque. Et ce n'est pas donné à tout le monde de se lancer sur deux roues, dans le trafic du matin, pour affronter des automobilistes pressés et pas toujours enclins à partager la route.

Si Gatineau est vraiment sérieuse dans sa volonté de devenir la capitale québécoise du vélo, elle doit non seulement investir dans son réseau cyclable, mais aussi le faire en respectant les plus hauts standards de sécurité, argue-t-elle. Selon un sondage mené par Vélo Québec, 70 % des Québécois seraient plus enclins à utiliser le vélo à des fins de transport si les rues étaient plus sécuritaires.

Plusieurs des signataires de sa pétition abondent dans le même sens qu'elle. Laura Darche de Gatineau témoigne : « Je signe parce que je ne veux plus être une trompe-la-mort, une courageuse, une folle ou une sportive. Je ne veux plus qu'on m'invite à la prudence quand j'enfourche ma monture. Je veux juste être une femme, parmi bien d'autres, qui se transporte à vélo toute l'année... et que ça soit un fait anodin. »

Pour rendre son réseau plus sécuritaire, argue Mme Lecoq, pas besoin de voyager jusqu'à Copenhague ou Amsterdam. Gatineau n'a qu'à s'inspirer de ce qui se fait à Montréal ou Ottawa, où on investit de plus en plus dans un réseau cyclable séparé de celui des automobilistes, afin d'éliminer les conflits entre les usagers de la route. Et ça, ça signifie des pistes cyclables protégées, des intersections avec une signalisation distincte, du marquage sur la chaussée... et bien d'autres choses.

« Je pense qu'il y a beaucoup de bonne volonté à Gatineau. Ça prend juste un peu plus de réflexion, d'efforts de conception, pour faire des pistes cyclables plus sécuritaires. » Une fois que les cyclistes gatinois sentiront qu'ils peuvent rouler en toute sécurité, ils le feront en grand nombre, dit-elle.

Elle-même ne peut plus se passer de son aller-retour au boulot en vélo. « Pour une maman occupée comme moi, c'est une heure et quart de vélo par jour qui me permet d'incorporer l'activité physique dans mon quotidien. C'est un moment pour être dehors, entendre les oiseaux chanter, contempler le soleil couchant. Un moment agréable... un moment pour moi. »




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