Les vieilles idées

Le candidat à la mairie de Gatineau, Denis... (Etienne Ranger, archives Le Droit)

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Le candidat à la mairie de Gatineau, Denis Tassé

Etienne Ranger, archives Le Droit

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CHRONIQUE / «C'est le début d'un temps nouveau. »

Avec son slogan électoral, Denis Tassé cherche à se présenter comme le candidat du renouveau à la mairie de Gatineau. Quelle ironie venant d'un conseiller qui siège depuis 12 ans au conseil municipal et qui est surtout reconnu pour son conservatisme !

M. Tassé peut incarner bien des choses aux yeux des électeurs de Gatineau. Mais le politicien de 63 ans n'est pas exactement ce qu'on pourrait appeler du sang neuf à la Maison du Citoyen. 

D'ailleurs, son slogan a fait chantonner surtout les plus âgés cette semaine. Ils ont reconnu le premier vers d'un vieux succès des années 1970 interprété par Renée Claude et qui allait comme suit : C'est le début d'un temps nouveau/la moitié des gens n'ont pas trente ans, tralali, tralalère...

Alors Denis Tassé, candidat du renouveau ? Non.

Pour l'instant, Denis Tassé est surtout le candidat de ce que j'appelle le « anybody but MPJ ». Traduction libre : n'importe qui à la mairie, sauf Maxime Pedneaud-Jobin. Et c'est clairement à cette frange d'électeurs allergiques au style du maire sortant et à son parti politique qu'il s'adressait cette semaine, en insinuant que le maire manigance en cachette et parle pour ne rien dire.

Pour l'instant, Maxime Pedneaud-Jobin a le beau jeu. Il vient de remporter la plus éclatante victoire politique de son mandat. Son projet de loi privé pour dénouer l'impasse dans le dossier Guertin a été adopté et louangé par les députés de toute allégeance à Québec. Au grand dam de Denis Tassé qui militait contre le projet de loi en question.

Avec Denis Tassé et Sylvie Goneau qui se présentent contre lui, le maire Pedneaud-Jobin a toutes les raisons d'espérer que ses deux adversaires vont se diviser le vote de protestation et qu'il passera comme une balle à l'élection de novembre prochain.

Toute la question est de savoir si M. Tassé peut faire mieux que de se partager les électeurs insatisfaits avec Mme Goneau. Là-dessus, il ne faudrait pas le sous-estimer.

S'il n'est pas un candidat du renouveau, M. Tassé incarne tout de même un tas de choses que le maire actuel n'est pas.

Il est pour les tours de Brigil au centre-ville, et donc contre la protection patrimoniale du quartier du Musée. Il est contre le tramway dans l'ouest. Contre la Grande Bibliothèque. Il est à 100 % pour les infrastructures. Pour reprendre l'étiquette de son collègue Mike Duggan, c'est un « asphaltiste » pur et dur.

Dans le fond, Tassé ressemble à l'ancien maire Marc Bureau avec qui il s'entendait d'ailleurs très bien. Un politicien qui s'intéresse surtout aux services de proximité qu'une ville doit donner à ses citoyens et à la bonne gestion des deniers publics.

Sauf peut-être aux yeux de ses partisans, je ne vois pas comme Denis Tassé arrivera à s'imposer comme l'homme d'un monde nouveau. Il incarne de vieilles idées. Mais attention, pas nécessairement de mauvaises idées.

Parce que toute cette question des services de proximité, d'un bon entretien des rues, d'un déneigement bien fait, d'une gestion serrée des fonds publics, c'est une carte payante en campagne électorale à Gatineau.

Marc Bureau a été réélu sur cette base-là en 2009. Et qui sait s'il n'aura pas été réélu une troisième fois en 2013, si les ratés du Rapibus n'avaient fait dérailler sa campagne.




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