Pas trop fort, la musique...

Le bar Le Ptit Canot sur la rue... (Étienne Ranger, Le Droit)

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Le bar Le Ptit Canot sur la rue Main dans le secteur Gatineau.

Étienne Ranger, Le Droit

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CHRONIQUE / Pendant qu'Ottawa cherche à profiter des fêtes du 150e pour se débarrasser de son image de ville « plate », Gatineau se fait tirer l'oreille pour accorder des permis de spectacles sur son territoire. Cherchez l'erreur !

Quand la controverse autour de la fermeture de certains karaokés a fait le tour du Québec, en septembre dernier, Gatineau a eu l'air d'une ville constipée et allergique aux plaisirs de la vie nocturne. 

À l'époque, le maire Maxime Pedneaud-Jobin s'est défendu en disant que c'était la Régie des alcools, des courses et des jeux qui ordonnait les descentes de police dans les établissements fautifs, et non la ville.

Mais cette fois-ci, c'est bel et bien l'administration municipale qui refuse d'octroyer un permis de spectacle au P'tit Canot, un débit de boisson de la rue Main, sous le motif que l'établissement se trouve trop près d'un secteur résidentiel pour obtenir ce privilège.

Le propriétaire de l'établissement, Marc Routhier, soutient pour sa part qu'il veut simplement régulariser sa situation, lui qui organisait jadis des soirées musicales sans que cela ne suscite des plaintes de la part du voisinage.

Qui a tort, qui a raison ?

La candidate à la mairie, Sylvie Goneau, soulève un bon point quand elle dit que les règlements d'urbanisme de la Ville de Gatineau empêchent les établissements de jouir totalement de leur permis de bar. En effet, le temps est peut-être venu de desserrer la vis un peu.

Maintenant, est-ce que d'autoriser des spectacles au P'tit Canot va réellement faire une différence dans les efforts de revitalisation de la rue Main, comme le suggère le conseiller Jean-François Leblanc ? 

Si oui, alors ce sera une bien petite différence compte tenu de la grosse dose d'amour dont cette artère commerciale a besoin pour redorer son lustre terni.

Ceci dit, il est probablement injuste de jeter la pierre uniquement à la Ville de Gatineau. Les permis de bars sont également soumis à la compétence de la Régie des alcools, des courses et des jeux, une institution provinciale qui aurait intérêt, elle aussi, à dépoussiérer ses règles.

Il reste que dans ce dossier, comme dans celui des karaokés, on voit émerger le même vieux paradoxe gatinois. On souhaite à tout prix créer de l'animation sur les rues commerciales et au centre-ville... mais pourvu que ça ne fasse pas trop de bruit et que ça ne dérange personne. Une grosse commande en vérité !

Au-delà de toutes ces considérations, c'est comme si on avait perdu de vue le gros bon sens. La population se demande pourquoi sa ville fait tant de flaflas pour des karaokés. Il y a comme un cri du coeur là-dedans : déconstipez-vous un peu, elle est derrière nous, la période trouble des bars de la promenade du Portage...

Mais le message peine à se rendre en haut lieu. On nous explique que c'est compliqué, que si on autorise un permis à tel endroit, ça va créer un précédent qui va ouvrir la porte à d'autres demandes, etc. Il y a du gros bon sens là-dedans aussi. Il ne faut pas perdre le contrôle des bars sur le territoire avec les désordres, les bagarres et la violence que ça impliquerait.

Gatineau cherche encore le juste équilibre dans ce dossier. Chose certaine, il y a là de quoi alimenter de beaux débats durant la campagne à la mairie de l'automne prochain.




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