La volonté politique

Sans doute que la belle collaboration qui règne... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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Sans doute que la belle collaboration qui règne entre les maires Maxime Pedneaud-Jobin et Jim Watson a joué un rôle crucial dans la signature de cette entente.

Patrick Woodbury, Le Droit

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CHRONIQUE / Depuis le temps qu'on dit qu'Ottawa et Gatineau devraient se parler davantage et agir plus souvent comme s'ils formaient une seule et grande région...

Ne serait-ce que pour cela, il faut applaudir cette entente sur le transport en commun qualifiée d'« historique » par les maires d'Ottawa et de Gatineau. Pour une fois, nos décideurs ont regardé moins les barrières qui séparent les deux villes que les enjeux qui les unissent. Si bien que ce concept d'une grande région d'Ottawa-Gatineau a franchi le cap de la théorie pour se traduire dans la réalité quotidienne. Il était à peu près temps !

Même qu'à entendre les maires nous affirmer à quel point cette entente sur le transport en commun ne fera que des gagnants, on se demande pourquoi il n'y en a pas eu avant. Tout le monde y trouvera son compte, nous assure-t-on, y compris les usagers de la Société de transport de l'Outaouais (STO) qui verront leurs habitudes bousculées à compter de l'an prochain. 

C'est que l'entrée en service de la nouvelle ligne de la Confédération du train léger, en 2018, modifiera de façon importante la présence des autobus de la STO au centre-ville d'Ottawa. Fini les arrêts devant le parlement et le Centre Rideau. Les autobus de la STO passeront désormais par « derrière », notamment par les rues Slater et Albert, où ils débarqueront les fonctionnaires directement devant leur lieu de travail.

Sur papier, l'entente fait l'affaire de tout le monde. La STO est satisfaite, estimant que 73 % de ses usagers se rendront à destination plus vite qu'avant. Quant à Ottawa, elle se réjouit d'évacuer des milliers d'autobus de son centre-ville, un objectif qu'elle poursuit depuis longtemps.

Sans doute que la belle collaboration qui règne entre les maires Jim Watson et Maxime Pedneaud-Jobin a joué un rôle crucial dans la signature de cette entente d'une durée de cinq ans. Et d'ailleurs, pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? Il faudrait vite étendre ce genre d'entente à d'autres domaines où les deux villes ont un intérêt évident à collaborer, notamment en développement économique et en tourisme.

Maintenant, il faut trouver le moyen de faire durer cette belle entente politique au-delà des prochaines élections municipales qui auront lieu dès l'automne prochain dans le cas de Gatineau. C'est aberrant de constater que les enjeux liés au transport interprovincial dépendent à ce point de la qualité des liens diplomatiques entre deux maires.

Pour y remédier, les deux villes promettent de créer d'ici 60 jours un « groupe conjoint de planification » pour planifier le transport interprovincial. Sur papier, c'est bien joli. Sauf qu'on a vu dans le dossier du 6e lien interprovincial que des études et des groupes conjoints ne suffisent pas à faire avancer un dossier. Il faut aussi... de la volonté politique. On n'en sort pas !

Il faudra voir aussi si cette entente « historique » sur le transport en commun remplit ses promesses. 

Ce n'est pas la première fois que la STO garantit des trajets plus rapides à ses usagers. Qu'on se rappelle du Rapibus qui a failli à ses promesses en 2013. 

Espérons que la STO a appris de ses erreurs et qu'elle sera en mesure de remplir ses engagements cette fois-ci.




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