Heureusement, il y avait un médicament

Julie Guevremont, Jonathan Guevremont-Néron et Jean-François Néron.... (Martin Roy, Le Droit)

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Julie Guevremont, Jonathan Guevremont-Néron et Jean-François Néron.

Martin Roy, Le Droit

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CHRONIQUE / Les Gatinois Jean-François Néron et Julie Guevremont en parlent comme de la pire semaine de leur vie. Quel mal mystérieux avait frappé leur fils Jonathan ?

Au CHEO, où ils avaient amené de toute urgence leur garçon d'un an et demi, les médecins se perdaient en conjectures. Jonathan, si enjoué, si plein d'entrain d'habitude, ne faisait que dormir, presque tout le temps...

C'est vrai qu'il y avait eu une épidémie de gastroentérite à sa garderie. Jonathan en avait fait trois en ligne. Au début, les médecins ont cru que c'était lié à ça. Ils l'ont mis sur soluté, ils l'ont réhydraté... et retourné à la maison.

Mais ça n'allait pas mieux. Quand Jonathan s'est endormi dans son bain - avez-vous déjà vu un bambin en santé s'endormir dans son bain ? - Julie a dit : allez, on retourne au CHEO.

Et là, ça n'allait pas bien. Plus amorphe que jamais, Jonathan n'avait plus de réflexes dans les genoux et les coudes. Même les antibiotiques à large spectre semblaient frapper dans la vide...

« Ce n'était plus notre Jonathan. Même ses pleurs n'étaient pas normaux », raconte Julie Guevremont.

Les médecins ont fini par trouver. Pas étonnant qu'il leur ait fallu tâtonner un peu. Jonathan avait une encéphalomyélite aiguë, une maladie auto-immune extrêmement rare.

Peut-être affaibli par les gastros à répétition, le système immunitaire de Jonathan s'attaquait à son propre système nerveux.

Heureusement, il y avait un médicament. Un remède fabriqué à partir d'une composante du sang humain : le plasma. Qui est, ni plus ni moins, le liquide dans lequel baignent nos globules rouges et blancs.

Alors ce jour-là, grâce à des donneurs de plasma qu'il ne connaîtra jamais, Jonathan a reçu un traitement à base d'immunoglobulines.

Deux traitements, et hop, Jonathan était remis sur pied. 

Aujourd'hui âgé de 7 ans, il est en pleine santé et ne ressent aucune séquelle de la terrible inflammation qui a failli lui coûter la vie. 

Même qu'il est un peu devenu une vedette.

En Outaouais, c'est lui le visage de la campagne de Plasmavie, la filiale de Héma-Québec qui s'occupe de recueillir des dons de plasma dans la région.

Un an déjà que Plasmavie a ouvert son centre de prélèvement sur la rue Bellehumeur à Gatineau.

Pour l'instant, les donneurs ne se bousculent pas aux portes. Avec une moyenne de 35 donneurs par jour, Plasmavie est encore loin de son objectif quotidien de 85.

Un succès mitigé qui s'explique par le fait que les gens sont encore peu familiers avec le don de plasma, explique Laurent Paul Ménard, porte-parole de Héma-Québec.

Alors qu'il faut attendre plusieurs semaines avant de refaire un don de sang, le don de plasma est possible toutes les semaines. Le plasma étant essentiellement composé d'eau, il se régénère beaucoup plus rapidement que le sang.

Le don de plasma nécessite un appareil d'aphérèse qui sépare à la source les différentes composantes du sang. Il ne garde que le plasma, tandis que les autres composantes sont retournées dans les veines du donneur.

Vous ne serez pas étonnés d'apprendre que les parents de Jonathan sont devenus des donneurs réguliers de plasma.

« Pour moi, c'est une façon de redonner au suivant après ce qui est arrivé à Jonathan », explique Jean-François Néron, qui en est déjà à son neuvième don de plasma.

« J'y vais aussi souvent que je peux, renchérit Julie. Pour moi aussi, c'est une façon de dire merci. Je ne souhaite à personne ce qui nous est arrivé. On est chanceux d'avoir encore Jonathan avec nous. »

Le plasma en bref

Qu'est-ce que c'est? Le plasma est la partie liquide du sang dans laquelle baignent trois types de cellules, soit les globules rouges, les globules blancs et les plaquettes. Il constitue 55 % du volume total du sang. C'est un liquide jaune, formé à 90 % d'eau et riche en protéines.

À quoi sert le plasma? Le plasma est utilisé pour fabriquer des médicaments pour les personnes aux prises avec un système immunitaire déficient et pour traiter de nombreuses autres maladies, notamment en neurologie.




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