Les bonnes raisons

«Moi, ce qui me fait capoter, c'est de... (Etienne Ranger, Le Droit)

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«Moi, ce qui me fait capoter, c'est de voir des gens demeurer assis toute la journée au bureau pour arriver le soir, chez eux, et s'asseoir devant la télé», Olivier Duhaime.

Etienne Ranger, Le Droit

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CHRONIQUE/ Moi aussi, quand j'entends quelqu'un dire: il faudrait bien que je fasse du sport, ça m'agace prodigieusement.

C'est le «il faudrait» qui m'énerve et qui me donne envie de leur brasser la cage. Dans nos vies folles où presque tout est «obligation» et si peu «pur plaisir», on devrait admettre que de s'obliger à bouger, c'est une cause perdue d'avance. On a déjà bien assez d'obligations comme ça!

Malgré tout, on se trouve toutes sortes de mauvaises raisons pour se convaincre de courir ou de s'entraîner. C'est pour perdre du poids, faire baisser sa tension, voire pour amasser de l'argent pour une bonne cause...

Mais pour que ça dure, et je parle d'expérience, il n'y a qu'une seule bonne raison de faire du sport. Pour le plaisir qu'il procure. Pour l'effet antistress. Pour le sentiment de bien-être qu'on ressent non seulement après, mais pendant qu'on frappe une balle sur un court ou qu'on fait du jogging avec des potes. Trop souvent, on oublie que le plaisir est le plus puissant des motivateurs. 

Pas étonnant qu'en écoutant Olivier Duhaime m'exposer son projet un peu fou, j'ai cru trouver un frère d'opinion. Lui aussi parle de revenir à l'essentiel et de bouger pour les bonnes raisons. À 27 ans, Olivier est chef du bureau du député libéral Greg Fergus. Un chic type, mais occupé! Le genre avec deux cellulaires en poche et un horaire très chargé.

Et pourtant, il trouve le temps de s'entraîner presque chaque jour. Que ce soit avec sa conjointe marathonienne ou avec son patron, le député Fergus étant lui-même un coureur assidu.

À son bureau, ils obligent les employés à bouger au moins 15 minutes par jour et à envoyer une photo en guise de preuve. «C'est prouvé, les employés qui bougent sont plus heureux et performants. Comme chef de bureau, je me suis dit que c'était mon rôle de les éduquer aux bienfaits de bouger», explique Olivier.

C'est un peu dans la même veine qu'Olivier s'est mis en tête de courir la distance entre Québec et Ottawa en cinq jours à la fin du mois de juin. Si vous faites le calcul, ça veut dire qu'Olivier courra l'équivalent de deux marathons par jour pendant une semaine. Et il est bien capable de le faire. Le gars a complété plusieurs Ironman, de nombreux marathons (son meilleur en 3h07) et aussi des ultramarathons de 100 et 150 kilomètres.

Un peu malade, vous dites?

«Moi, ce qui me fait capoter, rétorque Olivier, c'est de voir des gens demeurer assis toute la journée au bureau pour arriver le soir, chez eux, et s'asseoir devant la télé.»

Son but n'est pas d'amasser de l'argent pour une bonne cause. Non, cette fois, il veut sensibiliser les gens à l'importance de l'activité physique. «Mon défi sera le suivant. Une personne qui aurait souhaité me remettre 20, 30 ou 50$ pour une fondation, je vais le mettre au défi de transformer son don en temps d'activité physique quotidienne. À lui de faire 20, 30 ou 50 minutes d'activités par jour. Je souhaite voir le plus de gens possible bouger durant mon périple.»

Alors que le système de santé croule sous la demande, Olivier pense que les gens ont la responsabilité de prendre leur santé en main. «Notre société est particulièrement malade et je crois qu'avec mon projet, je pourrais en inspirer plusieurs.

«Je trouve aussi qu'on abdique trop facilement, qu'on a peur de voir grand. Je souhaite démontrer qu'avec de la volonté l'humain est capable d'accomplir de grandes choses.»

Son projet est aussi un clin d'oeil au 150e anniversaire de la Confédération, puisqu'il compte relier les parlements de Québec et d'Ottawa. Idéalement, il aimerait faire coïncider son arrivée sur la colline parlementaire avec la fête du 1er juillet. «Qui a dit qu'on ne pouvait pas aimer le Québec et le Canada en même temps!» rigole-t-il...




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