Une sanction exemplaire

CHRONIQUE / Ainsi, un médecin de Gatineau sera radié 15 mois pour avoir « giflé... (Archives, La Presse)

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CHRONIQUE / Ainsi, un médecin de Gatineau sera radié 15 mois pour avoir « giflé » une patiente. Qui sait si cette sanction sévère, voire exemplaire, n'est pas le symptôme d'un système de santé de plus en plus sous pression.

D'abord, soyons rigoureux, le Dr Luc-Philippe Lacroix n'a pas seulement giflé sa patiente. Il l'a tirée par les cheveux, il lui a donné une grande tape sur le thorax, il l'a injuriée... autant de comportements indignes de sa profession.

Dans le feu de l'action, il a aussi lâché une remarque s'apparentant à une menace de mort alors que sa patiente venait de lui cracher dessus. Craignant d'être contaminé, il l'a prévenue qu'elle n'aurait plus besoin de souhaiter mettre fin à ses jours et qu'elle irait en prison si, par sa faute, il devait être infecté par l'hépatite C ou le VIH...

Alors voilà, une radiation temporaire de 15 mois pour une première infraction semble sévère à première vue. Mais quand un médecin, dont la fonction première est de préserver la vie, en vient à presque menacer de mort une patiente, il mérite une sanction exemplaire.

De toute évidence, le Conseil de discipline a voulu faire un exemple en infligeant une sanction sévère au Dr Lacroix, afin de dissuader d'autres médecins de se laisser aller à de tels comportements.

Au-delà de l'anecdote, cette décision fait réfléchir sur notre système de santé qu'on sait sous haute pression avec le vieillissement de la population et les compressions des dernières années.

Au Québec, les employés du milieu de la santé subissent près de la moitié des actes de violence en milieu de travail. Ils se font cracher dessus, insulter, grafigner, taper dessus par des patients. Dans les deux hôpitaux de Gatineau, on rapportait une centaine d'agressions contre des employés en 2011-2012.

Dans ce contexte, il est possible que du personnel soignant perde patience à l'occasion et qu'il y ait des choses pas très élégantes qui se disent dans le feu de l'action. Sans excuser pour autant les gestes du Dr Lacroix, on peut se demander si la fatigue et la pression ont joué un rôle dans sa réaction disproportionnée face au comportement erratique de sa patiente.

Quant à la présence de cette patiente à l'urgence, elle nous dit tout le travail qui reste à faire pour contrer le phénomène des « portes tournantes ». Faute de mieux, encore trop de personnes souffrant d'une maladie mentale cognent à la porte des urgences lorsqu'elles sont en détresse. Elles arrivent intoxiquées, en crise, désemparées, dans un endroit qui n'est pas le plus approprié pour leur apporter aide et réconfort. Pas étonnant que, de temps à autre, une intervention tourne au vinaigre.




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