La barre est haute sur Saint-Joseph

Il y a longtemps que le boulevard Saint-Joseph,... (Etienne Ranger, Le Droit)

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Il y a longtemps que le boulevard Saint-Joseph, dans le secteur Hull, mérite une cure de rajeunissement.

Etienne Ranger, Le Droit

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CHRONIQUE / Vous y croyez, vous, aux formules magiques ? Moi, j'ai bien de la misère.

Ainsi, il suffirait d'ajouter des arbres, des bancs et des pistes cyclables pour convaincre le monde de revenir en masse dans les commerces du boulevard Saint-Joseph à Gatineau ?

Tout le monde admettra que Saint-Joseph a besoin d'une sérieuse cure de jouvence et que les 44 millions que la Ville de Gatineau s'apprête à y investir ne seront pas du luxe. À trop d'endroits, le boulevard Saint-Joseph se résume à un désert de béton, de terrains vagues et de stationnement à ciel ouvert. S'y promener à pied n'est pas particulièrement agréable et y rouler en vélo peut s'avérer une aventure périlleuse.

Dans ces conditions, rien d'étonnant à ce que l'artère commerciale se vide de toute vie humaine les soirs et les fins de semaine.

Sauf que l'argent, c'est surtout pour de l'asphalte et des conduites souterraines.

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin dit qu'il veut accomplir plus que ça, qu'il veut se servir des travaux comme d'un tremplin pour revitaliser l'artère commerciale et y ramener du monde. La Ville a déjà commencé à consulter les commerçants, ce qui est une bonne idée. Et ceux qu'on a présentés à la presse locale mardi ont l'air d'y croire. Ou ils essaient d'y croire, va savoir.

Parce qu'on nous dit que la formule magique, c'est de rendre l'artère commerciale plus belle. D'y planter des arbres, d'y ajouter des bancs, d'y faire passer une piste cyclable.

Et ensuite, comme par miracle, les commerçants vont reprendre confiance et investir, les promoteurs immobiliers aussi... et les gens reviendront y passer leurs soirées et leurs week-ends comme à l'âge d'or de l'artère commerciale. Sur papier, tout cela est parfait !

Sauf que tout ça ne résoudra pas le problème fondamental du boulevard Saint-Joseph : sa longueur. Comme le boulevard Gréber, Saint-Joseph est une artère conçue dans les années 1970, à une époque où les automobiles régnaient sans partage sur nos routes. Convertir ce type de boulevard hérité du passé, avec tout ce que ça implique d'espaces verts, de liens piétonniers et cyclables, et de « milieux de vie », ça relève de la haute voltige. Je ne veux pas avoir l'air rabat-joie, mais bonne chance !

Le maire dit qu'il veut créer des milieux de vie sur Saint-Joseph à l'image de ce qui s'est fait sur la rue Principale à Aylmer. Mais encore là, la différence réside dans la longueur des deux artères. C'est comme comparer des pommes et des oranges !

À la conférence de presse, mardi, tout le monde semblait pourtant y croire.

Le maire y croit, et même les conseillers Jocelyn Blondin, Denise Laferrière et Louise Boudrias, qui figurent pourtant parmi ses adversaires, y croient aussi.

Les restaurateurs aussi ont la foi, y compris David Gomes, propriétaire du joli bistro l'Alambic, au coin de Montclair. Il se dit prêt à passer à travers le calvaire des travaux de construction dans l'espoir de vivre des jours meilleurs.

Alors je ne leur reprocherai pas d'essayer. Mais il ne faudrait pas mettre la barre trop haute.

Les miracles, au centre-ville, ils ont plus de chances de se produire aux abords du ruisseau de la Brasserie, là où on veut construire une Grande Bibliothèque, un marché public et des logements.




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