Il fallait garder la subvention

Au plan financier, il n'y avait pas un... (Patrick Woodbury, Archives Le Droit)

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Au plan financier, il n'y avait pas un gros écart entre la proposition du groupe des Sénateurs d'Ottawa et celle de Vision multisports Outaouais.

Patrick Woodbury, Archives Le Droit

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CHRONIQUE / Il restait encore un point à éclaircir dans le dossier Guertin.

En quoi consistait la fameuse proposition des Sénateurs d'Ottawa qui a été rejetée par le conseil municipal de Gatineau en septembre dernier ?

La population n'a jamais été mise au courant de la fameuse proposition des Sens, écartée en septembre dernier à la faveur de l'offre de Vision Multisports Outaouais (VMSO).

Comme c'est la norme dans le cas de négociations de nature commerciale, tout se passait derrière des portes closes.

Or des documents confidentiels obtenus par mon collègue Mathieu Bélanger permettent de constater qu'au plan financier, il n'y avait pas un gros écart de départ entre les deux propositions, soit un peu plus de 2 millions de dollars en faveur de VMSO.

Les données comparatives que nous avons obtenues permettent difficilement de trancher quel projet est meilleur que l'autre, du moins, sur le plan de la conception et des coûts.

Les Sénateurs proposaient de construire un amphithéâtre de 4000 places plus prestigieux et de type événementiel, alors que VMSO y allait d'un complexe sportif «adaptable» pour y tenir des événements.

Autre différence fondamentale, le projet des Sens était conçu pour s'installer sur le site actuel de l'aréna Guertin et prévoyait un stationnement de 2000 places. Alors que VMSO a pensé son projet en fonction du site de la Cité et ne prévoyait que 250 places.

Les documents confirment aussi une information confidentielle que le conseiller Jocelyn Blondin a laissé échapper: la préparation des terrains pour installer le nouveau complexe sportif coûtait 3 millions de moins sur le site actuel de Guertin que sur le boulevard de la Cité...

Autre fait intéressant, VMSO était prêt à consentir 12 millions de sa poche dans le projet initial contre 9 millions pour les Sénateurs. La part de VMSO est passée à 16 millions dans le projet final, laissant supposer que les négociations menées par la Ville de Gatineau pour augmenter la part du privé ont été fructueuses.

Mais au-delà de tous ces détails qui semblent plus ou moins s'équilibrer à la fin, il y a une grosse différence qui émerge des deux propositions. Et ça concerne la subvention de 26,5 millions que le gouvernement du Québec a réservée pour le projet de futur Guertin.

Dans les documents, le ministère des Affaires municipales confirme que la Ville de Gatineau peut négocier de gré à gré un projet avec VMSO, un organisme à but non lucratif, sans craindre de perdre sa subvention. 

Dans le cas des Sénateurs, qui comptaient tirer des profits de leur futur complexe, la Ville de Gatineau aurait dû aller en appels d'offres pour conserver sa subvention. Et donc, elle se lançait dans une aventure où elle se condamnait à faire affaire avec le plus bas soumissionnaire conforme - sans certitude que son futur partenaire serait les Sénateurs.

Elle a préféré une entente de gré à gré lui permettant de modeler un projet à son goût, plutôt qu'un autre appel d'offres qui risquait d'être aussi infructueux que les précédents.

À la veille du vote de mercredi pour entériner l'entente de principe avec VMSO, est-ce que ces nouvelles révélations changeront quoi que ce soit? Non, dans la mesure où les membres du conseil municipal sont déjà tous au courant de ces informations et qu'une majorité a déjà annoncé son intention de voter en faveur du projet.

L'incertitude, elle demeure dans la réaction des députés de l'Assemblée nationale qui devront entériner à leur tour l'entente, dans quelques semaines, par le biais d'un projet de loi privé. Mais dans la mesure où la Ville de Gatineau et le ministère des Affaires municipales ont travaillé pour valider l'entente, au fur et à mesure, il ne devrait pas y avoir de grosses surprises.

Quoique dans le dossier Guertin, il ne faut jamais jurer de rien.




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