Rêver d'une seule et grande région

CHRONIQUE / Vous avez peut-être entendu parler de ce projet d'Observatoire du... (Patrick Woodbury, Archives Le Droit)

Agrandir

Patrick Woodbury, Archives Le Droit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

CHRONIQUE / Vous avez peut-être entendu parler de ce projet d'Observatoire du développement de l'Outaouais qu'on essaie de mettre en place à l'Université du Québec en Outaouais (UQO). Vite de même, ça a l'air d'un organisme de pelletage de nuage...

Au contraire, il me semble que c'est un filon très intéressant qu'on a tout intérêt à exploiter. Peut-être même qu'on devrait tout de suite élargir son mandat et en faire un observatoire de toute la grande région frontalière d'Ottawa et de l'Outaouais.

Un dicton dit que le vrai pouvoir, c'est la connaissance. Or c'est précisément le but de cet observatoire de développement : mettre en commun toutes les données disponibles dans une région et s'arranger pour que cette connaissance aide les décideurs à adopter de meilleures politiques publiques.

Dans le cas de l'Outaouais, l'Observatoire pourrait même combler en partie la disparition des Conférences régionales des élus (CRE). Depuis l'abolition des CRE par le gouvernement Couillard, c'est comme si les régions n'existent plus au Québec.

Mais l'Observatoire de développement serait plus qu'une CRE 2.0. Ce serait autre chose, qui reste encore à définir en fonction des particularités de l'Outaouais. Pas pour rien que l'UQO tenait une journée de réflexion, vendredi, en présence de maires, de préfets et de plusieurs décideurs de la région.

L'expérience de l'observatoire a été tentée ailleurs avec succès, en Abitibi-Témiscamingue, à Sherbrooke et dans le Grand Montréal.

À Montréal par exemple, ils peuvent comparer leur performance dans plusieurs domaines à celle d'autres grandes villes du monde. Les observatoires fournissent aussi des indicateurs de performance, des informations à jour sur la main-d'oeuvre, de même que le portrait sociodémographique.

Au bout de la ligne, ça permet à une région, à une ville, de faire le bon choix entre mettre son argent dans l'élargissement d'une autoroute ou l'investir dans ses hôpitaux et ses écoles.

D'ailleurs, l'UQO ne devrait pas s'arrêter en si bon chemin.

C'est d'un observatoire pour toute la grande région d'Ottawa et de l'Outaouais qu'il nous faut. L'UQO devrait s'allier avec l'Université d'Ottawa et se donner comme mandat d'étudier la dynamique très particulière de notre région.

Dans une région frontalière comme la nôtre, tu as une ville d'un côté, une ville de l'autre. T'as aussi un gouvernement provincial d'un côté, un gouvernement provincial de l'autre... Chacun fait ses petites affaires. Avec comme résultat que les politiques s'arrêtent bien souvent... au beau milieu de la rivière des Outaouais. Une aberration qu'on n'a pas fini de décrier !

C'est ce qui fait que, comme région, on est incapable de s'entendre sur l'emplacement d'un futur pont interprovincial. C'est ce qui fait que dans les plans de 3,6 milliards pour développer la phase II du train léger à Ottawa, on n'a pas songé à inclure une station, une seule, du côté de Gatineau. Pourtant, 35 000 Gatinois traversent les ponts, chaque matin, pour travailler au centre-ville d'Ottawa.

On pourrait dire la même chose du Pontiac et de la Ottawa Valley, qui travaillent chacune en fonction de leurs propres intérêts. Ce n'est pas un reproche de ma part aux élus des deux côtés de la rivière, simplement une constatation.

C'est là, je trouve, qu'un observatoire sur le développement de toute la grande région d'Ottawa et de l'Outaouais pourrait apporter une contribution intéressante. Il me semble que les chercheurs pourraient creuser la capacité des deux villes (et des deux provinces) à mieux travailler ensemble.

Ça permettrait de planifier un développement économique et social pour l'ensemble du territoire. Et sans doute de mettre fin à une ou deux aberrations frontalières dont on a le secret, que ce soit en transport, en santé ou en éducation.

J'ai bien le droit de rêver, non ?




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer