Posons-nous des questions

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Malgré les promesses de Philippe Couillard en 2014, Québec avait jusqu'ici refusé d'envisager un coûteux élargissement.

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CHRONIQUE / Que c'est beau, cette soudaine unanimité pour l'élargissement de l'autoroute 50.

Tout le monde, de la députation libérale aux principaux partis d'opposition à l'Assemblée nationale, souscrit maintenant au projet.

Devant un si large consensus, le ministre des Transports, Laurent Lessard, n'aura guère le choix d'inscrire l'élargissement de la 50 dans ses priorités.

Je n'en reviens toujours pas de la vitesse avec laquelle les choses ont bougé dans ce dossier. Ça fait des années que les gens se plaignent du manque de sécurité sur la 50.

Malgré les promesses de Philippe Couillard en 2014, Québec avait jusqu'ici refusé d'envisager un coûteux élargissement, optant plutôt pour des retouches ici et là afin d'augmenter la sécurité à un coût raisonnable.

Et tout d'un coup, bang, tout le monde est prêt à élargir la 50. C'est si soudain que c'en est presque suspect.

J'imagine qu'il faut donner le crédit à Alexandre Iracà. Le député libéral de Papineau doit être doté d'un talent de persuasion hors du commun. D'ailleurs, je vous le demande : quelle est la recette magique de M. Iracà ? Le fait que des élections provinciales auront lieu l'année prochaine ?

C'est ce qui me fatigue le plus de toute cette affaire. Le parfum de populisme qui se dégage de ce subit engouement pour l'autoroute 50. La promesse de l'asphalte, surtout du bel asphalte neuf, c'est payant en campagne électorale.

S'il faut investir davantage dans la sécurité de la 50, allons-y. Mais au risque de relancer un vieux débat, faut-il pour autant l'élargir à 4 voies sur toute sa longueur, surtout avec la 417 qui passe dans l'Est ontarien ? Gagne-t-on à investir des millions dans une autoroute alors que les besoins sont immenses en éducation et en santé ?

Je m'étonne qu'on ne se pose pas davantage la question ces jours-ci.

D'ailleurs, ça me rassurerait de voir notre députation régionale afficher le même sentiment d'urgence pour la santé et l'éducation que pour la sécurité sur la 50.

À quand remonte la dernière intervention commune du caucus libéral de l'Outaouais pour dénoncer les temps d'attente dans les urgences de la région ? Les avez-vous entendus se plaindre de ce que la faculté de médecine ne verra pas le jour avant 2020 et qu'une grande partie des cours se donnera en anglais ? 

Cette semaine, c'est plutôt une ex-députée libérale, Charlotte L'Écuyer, qui s'est levée pour dénoncer les dommages de la réforme Barrette dans les régions comme le Pontiac.

C'est la CSN aussi qui est sortie pour clamer l'évidence : le sous-investissement et les coupes des dernières années se sont traduits par une diminution des services aux patients dans la région de Montréal. Sans trop de risques, on peut extrapoler le même diagnostic en Outaouais où les autorités viennent d'enclencher des mesures sans précédent pour désengorger les urgences. 

En matière d'éducation, ça fait des années que l'Alliance pour la cause de l'enseignement supérieur (ACESO), puis le Forum régional de l'Outaouais presse le gouvernement du Québec. L'Outaouais réclame l'ajout de nouveaux programmes post-secondaires pour combler un retard historique avec l'Ontario et le reste du Québec. 

Sur ce front-là, les libéraux ont bougé. Ils ont annoncé cette semaine des investissements de près de 900 000 $ pour créer trois nouveaux programmes de formation collégiale en Outaouais. Ceux-ci permettront de rapatrier une petite partie des 2300 étudiants de l'Outaouais qui traversent chaque année vers les collèges et universités de l'Ontario. C'est un pas en avant, mais il en faudra d'autre.

Alors avant de se lancer dans un élargissement à grands frais de l'autoroute 50, gardons une chose à l'esprit. 

S'il faut choisir les investissements à faire dans une région donnée, on ne devrait pas avoir le droit de sacrifier l'éducation et la santé de la population à des infrastructures routières.




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