C'est beau, l'amour

CHRONIQUE / Pas de scandale, pas d'insultes, pas de coups de gueule, rien. Un... (MANDEL NGAN, AFP)

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CHRONIQUE / Pas de scandale, pas d'insultes, pas de coups de gueule, rien. Un Donald Trump tranquille, qui avait même l'air de s'emmerder par moment. Un Justin Trudeau tout ce qu'il y a de plus poli. Après vous, monsieur. Mais non, je n'en ferai rien, après vous...

Bref, cette première rencontre au sommet entre le nouveau président américain et le premier ministre canadien a semblé... cordiale. Okay, la poignée de main entre les deux hommes avait l'air un peu forcée, le sourire crispé de Trudeau aussi.

Mais comparé à Trump qui enguirlande le premier ministre australien ou qui fait poireauter Vladimir Poutine sur la ligne pendant 10 minutes, c'était somme toute un premier rendez-vous sans histoire. À la veille de la Saint-Valentin en plus. C'est beau l'amour.

Oui, c'était beau de les entendre insister sur les points communs qui existent entre leurs deux pays. Ils nous ont rappelé que nos petits gars avaient fait la guerre sur les mêmes champs de bataille depuis plus d'un siècle, qu'ils avaient célébré et souffert ensemble dans l'adversité.

Ils ont aussi proclamé l'évidence, à savoir que les économies de nos deux pays sont étroitement liées et qu'il faudra travailler ensemble pour créer plus d'emplois, plus de richesse et « mettre du pain sur la table », comme l'a si bien dit Trudeau.

Il faudra voir comment tout cela s'articulera alors que le Canada, les États-Unis et le Mexique s'apprêtent à renégocier l'accord de libre-échange nord-américain. Trump l'a assez dit, cet accord est un « désastre » à ses yeux. Mais lundi, il a précisé que c'est le volet avec le Mexique qui est le plus problématique, ce qui devrait rassurer le milieu des affaires canadien.

Bien sûr, ils ne s'entendent pas sur tout. Trump me fait penser à Harper quand il parle du monde très, très dangereux qui nous entoure. Il y a des menaces partout. « La Corée du Nord, le Moyen-Orient... où que vous regardiez, ça va mal, vous n'avez même pas idée comment ça va mal », a dit Trump en insistant aussi sur la menace terroriste.

Je dis cela en passant, mais beaucoup d'experts estiment que c'est le America First de Donald Trump qui représente la plus grande menace contre la paix mondiale, bien plus encore que ce terrorisme qu'il évoque à la moindre occasion.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis se sont servis de leur puissance militaire et économique pour maintenir l'ordre mondial. En se refermant sur eux-mêmes, ils risquent de laisser le champ libre aux visées expansionnistes de la Russie, de la Chine et de l'Iran, une menace autrement plus préoccupante pour la stabilité mondiale que Daech, soulignent les experts.

De son côté, Trudeau avait de la pression pour réaffirmer les soi-disant « valeurs canadiennes » face à Trump, qui a soulevé l'indignation par ses propos racistes, xénophobes et misogynes durant la course à la présidence. Du strict point de vue des communications, c'était LA pelure de banane qu'il devait éviter lors de son premier passage à la Maison-Blanche...

Mais Trudeau avait une réponse toute prête à la seule question vraiment embêtante que les médias pouvaient lui poser, à savoir ce qu'il pensait du décret de Trump pour bloquer l'entrée de nombreux musulmans aux États-Unis. 

Et il s'en est bien tiré : « Les Canadiens ne s'attendent pas à ce que je fasse la leçon aux autres pays sur leur manière de se gouverner. Le Canada va continuer de prêcher par l'exemple en espérant que son ouverture et son optimisme inspirent d'autres pays. »

N'empêche qu'on peut difficilement imaginer deux dirigeants plus différents l'un de l'autre que Trudeau et Trump. Voilà deux visions du monde qui auraient pu se briser l'une contre l'autre en faisant de grosses vagues. Mais non, pas cette fois-ci du moins.

C'est peut-être la preuve que les bonnes relations entre deux pays ne tiennent pas, heureusement, à l'amitié entre leurs hauts dirigeants. C'est dire, Trump et Trudeau ont même conclu une entente conjointe pour favoriser l'émergence des femmes en affaires. On était loin du Donald « grab the pussy » Trump de la campagne à la présidence.

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