Faut pas virer fou

Les conseillers municipaux Gilles Carpentier et Daniel Champagne... (Archives, Le Droit)

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Les conseillers municipaux Gilles Carpentier et Daniel Champagne

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CHRONIQUE / Deux conseillers de Gatineau, Daniel Champagne et Gilles Carpentier, songent à former une « équipe » aux prochaines élections. Notez bien : une équipe, pas un parti politique. Surtout pas un parti politique !

Voulez-vous bien me dire, à la fin, ce qu'ils ont tous contre les partis politiques à Gatineau ? À entendre certains conseillers « indépendants », le parti politique du maire est pire que d'attraper le virus de l'Ebola. Ils en font presque une obsession !

C'est dire, les indépendants parlent plus souvent du parti politique du maire que le maire lui-même... Dans le train-train quotidien, Maxime Pedneaud-Jobin ne fait presque jamais allusion à Action Gatineau.

Il y a toujours eu une résistance à l'apparition de partis politiques à Gatineau où on a tendance à glorifier le statut des conseillers indépendants. Comme ils sont jaloux de leur indépendance, les Sylvie Goneau, Louise Boudrias, Denis Tassé ! 

À les entendre, le statut de conseiller « indépendant » rimerait avec « indépendance d'esprit ». Ils ne sont pas soumis à une ligne de parti. Ils sont libres de voter en fonction des intérêts de leurs commettants... La réalité, c'est qu'ils ne sont pas si indépendants que ça.

L'indépendance n'existe pas en politique à moins que tu tiennes absolument à te retrouver tout seul dans ton coin. Les indépendants, à Gatineau, ne cessent de former des alliances les uns avec les autres. Des fois, c'est pour faire avancer leurs dossiers. D'autres fois, c'est pour nuire au maire.

Alors indépendant, mon oeil. Il n'y a peut-être qu'un seul parti politique « officiel » à Gatineau, mais il y a au moins deux autres clans qui agissent, le plus souvent, comme des partis politiques. Ce n'est rien de nouveau. Jadis, il y eut le clan du maire Bureau, le clan du maire Ducharme, et toute une palette de clans d'opposition...

Ce que j'ai envie de dire à MM. Carpentier et à Champagne, c'est d'arrêter de branler dans le manche. Je ne comprends pas pourquoi ces deux-là, qui votent la plupart du temps dans le même sens que le maire Maxime Pedneaud-Jobin, ne rejoignent tout simplement pas Action Gatineau.

Me semble que ce serait plus simple, plus transparent, que de former une « équipe » qui voterait presque toujours avec le maire de toute manière. Et puis des indépendants qui veulent former une « équipe », avouez que ça sonne déjà comme une contradiction.

Gatineau est mûre pour d'autres partis politiques. Je suis convaincu que leur présence permettrait d'élever le niveau du débat et de mettre un frein aux vieilles chicanes de clocher et à la politicaillerie.

L'avantage que je vois, avec un parti politique, c'est sa capacité de fédérer des idées et des gens. 

Une ville, surtout une grande ville comme Gatineau, n'est plus simplement une donneuse de services. C'est plus que des parcs, des ordures et du déneigement.

Une grande ville doit aussi s'intéresser au vivre-ensemble, à l'étalement urbain, à la qualité de vie, à l'immigration, aux inégalités sociales, au développement économique, au sentiment de fierté et d'appartenance des citoyens.

Et ça, ce sont des questions complexes qui débordent largement le cadre d'un programme de quartier.

Le citoyen s'en fout peut-être des partis politiques. Mais il ne devrait pas. Parce qu'il s'en fait de la politique de toute manière à la Maison du Citoyen. Et tant qu'à faire, je pense que le citoyen serait mieux servi par des partis politiques qui ont des visions cohérentes et élaborées de leur ville.

On le voit avec Action Gatineau, il y a moyen de réinventer les partis. Le parti du maire n'impose la ligne de parti que sur les enjeux fondamentaux et limite au minimum ses activités de financement pour éviter de s'exposer à la corruption et au trafic d'influence.

Il ne faut pas virer fou avec les partis politiques. Ce n'est pas une mafia, juste une manière d'organiser plus efficacement la vie démocratique d'une grande ville.

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