La bataille de l'opinion publique

CHRONIQUE / Qui a raison, Denis Tassé ou Maxime Pedneaud-Jobin ? (Archives, Le Droit)

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CHRONIQUE / Qui a raison, Denis Tassé ou Maxime Pedneaud-Jobin ?

Je commence par vous donner la réponse courte : ça n'a aucune importance.

Parce qu'il y a longtemps que le débat sur l'avenir de l'aréna Guertin ne se fait plus sur le fond des choses.

En cette année électorale, tout ce qui compte, dans un camp comme dans l'autre, c'est de remporter la bataille de l'opinion publique. Guertin n'est qu'un prétexte...

Or c'est payant en politique de crier au complot, de réclamer haut et fort des enquêtes, de clamer que tout se décide à huis clos et que l'opposition est muselée par le maire...

La recette a fait école. Et ce n'est pas pour rien que Denis Tassé l'a reprise à son compte, cette semaine, en réclamant une « enquête en déontologie » au ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux.

En cette époque où l'on insiste sur le choix des mots dans l'espace public, notez que M. Tassé n'y va pas de main morte. Allez toi, une « enquête », et en « déontologie » à part ça.

Et vous pouvez être sûr qu'il va marquer des points avec sa sortie, surtout quand il dénonce le fait que la Ville ne soit pas allée en appel d'offres. Alors là, scandale. Qu'on reconvoque de toute urgence la commission Charbonneau !

Le citoyen moyen, qui a perdu depuis longtemps le fil de ce qui se passe réellement dans le dossier Guertin, risque de ne retenir qu'une chose de la sortie de M. Tassé : il y a de la magouille dans l'air.

La vérité, c'est qu'on n'a pas le moindre début de preuve qu'il y ait eu quelque irrégularité que ce soit dans le dossier Guertin depuis qu'il a été repris par l'administration du maire Pedneaud-Jobin. Au contraire, tant l'administration de la Ville que le ministère des Affaires municipales nous assurent travailler de concert, depuis le début, pour s'assurer que le projet négocié avec Vision Multisports Outaouais (ceux qui ont bâti le centre Branchaud-Brière) soit en tout point conforme à la loi.

Mais dans la bataille à finir pour gagner l'opinion publique, les faits n'ont guère d'importance. Le maire Maxime Pedneaud-Jobin aura beau s'indigner de la sortie de M. Tassé, répéter que celui-ci ne cherche qu'à nuire au projet, le mal est fait. 

Denis Tassé a joué une carte payante politiquement, et il le sait.

Maintenant, vous voulez savoir qui a raison?

Sur le fond, je partage certaines des préoccupations de M. Tassé. Moi aussi ça me fatigue que le choix du partenaire retenu par la Ville se soit fait sans un appel d'offres ouvert et transparent. Mais à la décharge du maire, la voie de l'appel d'offres a déjà été tentée à deux reprises, chaque fois pour aboutir sur des soumissions jugées trop coûteuses. Le maire a bien compris que c'est important de garder les Olympiques à Gatineau, mais pas à n'importe quel prix. Il lui fallait trouver une solution pour y arriver, mais avec une contribution accrue du privé. Il est rapidement devenu évident que ce serait impossible en passant par la voie habituelle des appels d'offres.

En choisissant de procéder autrement, le maire Pedneaud-Jobin n'a pas pris le chemin le plus facile. Son but n'est certainement pas d'accoucher d'un projet trop cher. Mais il a le fardeau de la preuve. Quand tu veux réinventer le modèle de partenariat entre une ville et son club de hockey junior, tu n'as pas le droit de te tromper. Surtout quand le dossier traîne depuis des années, comme celui de Guertin. Là-dessus, on le jugera quand le projet sera rendu public. 

Non, le conseiller Tassé n'est pas obligé d'adhérer à l'approche du maire. Mais il pourrait respecter la majorité de ses collègues qui ont décidé de le suivre. Et éviter de faire de la politique partisane sur le dos d'un projet aussi important pour Gatineau.

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