À quand une vraie autoroute 50 ?

Au détriment de quoi les libéraux priorisent-ils l'élargissement... (Patrick Woodbury, archives Le Droit)

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Au détriment de quoi les libéraux priorisent-ils l'élargissement de l'autoroute 50?

Patrick Woodbury, archives Le Droit

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CHRONIQUE / Le sentez-vous, le parfum des élections ? En tout cas, les députés libéraux de l'Outaouais l'ont bien décelé, eux. Il y a des signes qui ne trompent pas. Quand les politiciens de la région se remettent à faire des promesses sur l'autoroute 50, c'est l'indice qu'un scrutin approche à grands pas.

Or voilà que sous l'impulsion de leur collègue député de Papineau, Alexandre Iracà, les cinq députés de l'Outaouais et celui d'Argenteuil ont convenu de faire de l'élargissement à quatre voies de l'autoroute 50 une « priorité régionale ».

Qu'est-ce que ça veut dire ? Pas grand-chose pour l'instant dans la mesure où la députation libérale devra convaincre le ministre des Transports, puis le Conseil du trésor d'inscrire l'élargissement de l'« autoroute de la mort » au Plan québécois des infrastructures (PQI).

C'est loin d'être chose faite. Et il y a toutes les chances qu'un ou deux gouvernements se succèdent à Québec d'ici à ce que cette jolie promesse se concrétise.

Mais en cette année préélectorale, cet engagement devrait permettre au député Iracà d'offrir une réponse plus conséquente à ceux qui le questionnent sur la sécurité de la 50 chaque fois qu'un face à face s'y produit. Le dernier en date a fait un mort et deux blessés, dimanche, près de Grenville-sur-la-Rouge.

M. Iracà pourra maintenant affirmer que la députation libérale travaille fort pour améliorer la sécurité sur la 50. C'est un message plus positif qu'avant, même si on peut se demander pourquoi le député de Papineau a mis tant de temps à lancer sa croisade.

En attendant l'élargissement qui devrait coûter au bas mot 120 millions de dollars, Québec ajoutera un peu d'éclairage par ci, un mur séparateur par là. Quant aux automobilistes qui roulent sur la 50, ils continueront de se demander pourquoi Québec n'a pas construit, dès le début, une « vraie » autoroute à quatre voies...

•••

L'autre chose qui devrait interpeller le contribuable dans cette histoire, c'est la manière dont le caucus libéral de l'Outaouais décide des priorités régionales.

Le premier ministre Philippe Couillard l'a assez dit et répété, les ressources financières du Québec sont limitées. C'est un contexte qui force tout le monde à faire des choix, de préférence, les meilleurs choix...

Alors je veux bien, moi, l'élargissement de l'autoroute 50. Mais si les libéraux en font une priorité, cela signifie qu'il y a d'autres projets que la région ne pourra pas se permettre de faire en santé, en éducation ou en transport en commun.

L'Outaouais a droit à 2,5 % du PQI, une enveloppe de près de 90 milliards répartie sur 10 ans. L'argent sert à financer toutes sortes de projets, pas seulement des routes. Ailleurs au Québec, des régions ont choisi de prioriser des projets d'hôpitaux, d'enseignement ou de transport en commun.

Pour vous donner une idée, l'argent du Rapibus provient du PQI, tout comme les 75 millions du nouveau garage de la Société de transport de l'Outaouais. La subvention de 26,5 millions du nouveau Guertin y dort aussi depuis quelques années...

J'en reviens à ma question du début : si on priorise l'élargissement de la 50 dans le PQI, on sacrifie quoi en retour ? Est-ce qu'on ne devrait pas plutôt réserver de l'argent pour la future faculté de médecine, l'agrandissement de l'Université du Québec en Outaouais ou le prolongement du Rapibus vers Aylmer ?

Je n'ai pas de réponse à cette question. Je constate surtout qu'il n'y a pas eu de débat public sur les priorités régionales. Le choix s'est fait, dirait-on, au caucus des libéraux. C'est entre eux qu'ils ont décidé de prioriser l'élargissement de l'autoroute 50. Sur la base de quoi ? Des récriminations des citoyens ? D'études scientifiques ? D'un ordre du jour électoral ? L'idéal serait que ces priorités se décident en fonction d'un plan à long terme pour la région. À supposer qu'il en existe un, bien sûr.

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