O'Leary se tire dans le pied

L'homme d'affaires Kevin O'Leary, qui brigue la direction... (Archives La Presse canadienne)

Agrandir

L'homme d'affaires Kevin O'Leary, qui brigue la direction du Parti conservateur

Archives La Presse canadienne

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

CHRONIQUE / On le compare à Donald Trump. Kevin O'Leary pourrait bien devenir le prochain chef du parti conservateur, voire le futur premier ministre du Canada...

Or le jour des funérailles télévisées de trois des six victimes de l'attentat de Québec, le riche homme d'affaires canadien met en ligne une vidéo le montrant en train de tirer... à la mitraillette. D'ailleurs, il en jubile. À la fin d'une rafale, il contemple la boucane qui s'échappe de son arme pour s'extasier : non mais regardez-moi cette affaire-là fumer...

À la mitraillette, chose. Le jour des funérailles.

Quand on a encore frais en mémoire les images de la tuerie de Québec - les trous de balle dans la mosquée, les flaques de sang séché sur le tapis, les témoignages des survivants choqués d'avoir passé à deux doigts de tomber sous les balles du tueur - l'image de O'Leary en train de s'amuser avec des joujoux meurtriers donne la nausée. Quel manque de classe.

Soit il est totalement déconnecté de l'actualité... soit il le fait exprès. Et ce ne serait pas si étonnant connaissant le goût pour la provocation de la vedette de Dragon's Den, la version anglophone de l'émission Dans l'oeil du dragon, et de Shark Tank. Il a bâti sa renommée avec ses coups de gueule provocateurs. Pourquoi changerait-il une recette gagnante ? À moins qu'O'Leary, un unilingue anglophone, se foute du Québec. Rappelez-vous, il s'est évité de participer au débat en français en annonçant sa candidature... le lendemain du débat qui avait lieu dans la Vieille Capitale.

Ceci dit, O'Leary a eu vite fait de retirer la vidéo controversée « par respect pour les funérailles ». Dans l'ancien monde, je veux dire, avant l'élection de Donald Trump aux États-Unis, le mal aurait été fait. L'impair lui aurait collé à la peau. Une gaffe pareille aurait compromis ses chances de remporter la chefferie du Parti conservateur. Mais aujourd'hui, il s'en trouvera pour féliciter son coup d'éclat, et pas uniquement parmi les propriétaires d'armes à feu qui ont historiquement donné leur appui au Parti conservateur.

Nous sommes dans l'ère inaugurée par Donald Trump. Ce qui était franchement condamnable hier ne l'est plus nécessairement aujourd'hui. On sait maintenant qu'il est possible de se faire élire en mentant et en insultant ses adversaires à répétition sans que les électeurs nous en tiennent rigueur. On réalise que la donne a changé, mais on n'a pas encore très bien compris les nouvelles règles du jeu. Tout ce qu'on sait, c'est que la joute politique ressemble de plus en plus à une téléréalité. Et qu'à ce jeu-là, des gars comme O'Leary et Trump sont champions.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer