On a trop coupé dans les urgences

CHRONIQUE / Bien voilà, ça ne surprendra personne en Outaouais. (Etienne Ranger, Archives Le Droit)

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Etienne Ranger, Archives Le Droit

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CHRONIQUE / Bien voilà, ça ne surprendra personne en Outaouais.

La situation dans les urgences de la région est devenue «exceptionnelle», et pas dans le bon sens du terme!

Quand la direction du CISSSO convoque la presse locale pour en discuter, tard un jeudi après-midi, c'est que les choses ne tournent vraiment pas rond.

En fait, les responsables de la santé, le pdg du CISSSO Jean Hébert en tête, parlaient jeudi d'un cercle vicieux qui est en train de s'installer dans les urgences de la région et qu'on veut stopper à tout prix avant de perdre totalement le contrôle.

Jamais les civières des urgences de l'Outaouais n'ont paru aussi encombrées. En tout cas, jamais au point où les autorités médicales se sentent obligées de tirer la sonnette d'alarme de la sorte. C'est inquiétant et il est impossible de ne pas faire un lien avec les compressions imposées par le ministre Gaétan Barrette.

Parce que même si les hôpitaux de la région figurent régulièrement dans les bas-fonds du palmarès des urgences, l'Outaouais a été soumis comme partout ailleurs à des compressions.

Questionné là-dessus, le directeur du CISSSO, Jean Hébert, n'a pas trop voulu s'avancer. «On travaille avec les moyens qu'on met à notre disposition», a-t-il dit. Et je le comprends de se mordre les lèvres pour ne pas trop en dire.

La question sur les compressions, c'est aux députés de l'Outaouais qu'il faut la poser, eux qui ont accueilli les coupures de leur collègue Barrette sans s'y opposer publiquement.

Jean Hébert a aussi évoqué les efforts que le réseau de la santé a dû consacrer ces dernières années à revoir ses structures, le tout en accord avec la fameuse loi 10 du ministre Barrette. Peut-être aurait-il mieux valu fournir plus d'efforts à désengorger les urgences.

Pour la population, tout cela est très inquiétant.

La réaction du CISSSO, qui a décidé de prendre le taureau par les cornes en convoquant la presse locale pour lui exposer son plan d'action a heureusement quelque chose de rassurant.

Sur les quelque 180 patients qui bloquent actuellement les urgences de la région, on espère en retirer 45 d'ici deux semaines ce qui permettrait de revenir à un niveau acceptable et de sortir les urgences du cercle vicieux.

En fait, le plan est de tenir le coup jusqu'à ce que les investissements promis par Québec dans les CHSLD, les ressources intermédiaires, la construction de nouvelles supercliniques et d'une faculté de médecine en Outaouais commencent à se concrétiser d'ici un an et demi, deux ans.

N'empêche que c'est à se demander pourquoi Québec a coupé autant dans un système de santé exsangu comme celui de l'Outaouais pour y réinvestir massivement quelques années plus tard. Est-ce que le retour à l'équilibre budgétaire visé par Québec valait qu'on en arrive à ce point critique dans nos urgences? 

Pas sûr que les malades qui croupissent dans un lit d'hôpital, alors que leur place est ailleurs, diraient que ça en valait le coup.

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