Ça va aller

Donald Trump sera bel et bien inauguré à... (Archives, Associated Press)

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Donald Trump sera bel et bien inauguré à titre de 45e président de l'histoire des États-Unis, vendredi.

Archives, Associated Press

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CHRONIQUE / Vous refusez encore d'y croire?

Et pourtant, c'est presque chose faite, Donald Trump prêtera serment comme 45e président des États-Unis d'Amérique vendredi midi à Washington.

Même si c'est un jour triste et inquiétant pour tous ceux qui croient aux valeurs libérales et progressistes, ça va aller.

Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Barack Obama.

Huit ans après l'assermentation d'Obama et l'espoir d'une Amérique plus libre et plus juste qu'il incarnait, voilà que Donald Trump, son antithèse à bien des égards, accède au pouvoir.

Celui qu'on surnomme le «gazouilleur en chef» des États-Unis, en raison de l'utilisation compulsive qu'il fait de son compte Twitter, promet de redonner à l'Amérique sa grandeur d'antan.

Une Amérique plus sécuritaire, plus forte, plus repliée sur elle-même aussi. Plus conservatrice, quoi!

Au Canada, on vient de bouter dehors un premier ministre conservateur au pouvoir depuis 10 ans pour le remplacer par un jeune dirigeant charismatique et progressiste. Pas étonnant que, vue d'ici, l'élection de Trump apparaisse comme un recul.

Mais on peut aussi voir dans la victoire de Trump, un autre de ces retours du balancier dont les démocraties ont le secret.

J'étais parmi les millions de personnes qui se trouvaient sur le National Mall lors de l'assermentation d'Obama en 2009. Je me rappelle encore l'atmosphère d'allégresse qui régnait. Obama avait fait une campagne formidable. À grands coups de discours inspirés, il faisait espérer des jours meilleurs à une Amérique qui sortait d'une période de grande noirceur sous les années de George W.

Huit ans plus tard, on est en droit de se demander si ce ne sont pas les immenses espoirs (souvent déçus!) créés par Obama lui-même qui ont légitimé la montée d'un mouvement de droite comme le Tea Party, puis favorisé l'improbable et fulgurante ascension de Donald Trump.

Aux États-Unis, beaucoup reprochent à Obama d'avoir abusé de ses pouvoirs exécutifs pour faire passer ses réformes auprès d'un Congrès et d'un Sénat majoritairement républicains - et donc hostiles. Plutôt que de négocier avec ses adversaires dans le style d'un Bill Clinton, Obama a opté pour le genre de présidence impériale qu'il reprochait justement à son prédécesseur George W. Bush.

Or les démocraties ont le don d'égaliser les chances.

Si le dirigeant d'un pays gouverne trop à gauche ou trop à droite, en oubliant de considérer les intérêts d'une partie de sa population, ça finit toujours par lui coûter cher. Aux États-Unis, la classe moyenne blanche a eu l'impression d'être négligée par l'élite au pouvoir depuis huit ans. Elle a voté pour Trump même s'il est menteur, macho et raciste, parce qu'il incarnait le mieux leurs valeurs.

Pas plus qu'Obama, Trump ne pourra se permettre de gouverner exclusivement pour ses intérêts et ses petits amis s'il veut se maintenir au pouvoir. Il devra gouverner pour tous les Américains.

«Ça va bien aller», a dit Obama. Le président sortant est mieux placé que quiconque pour savoir qu'entre ce que tu comptes faire en arrivant à la présidence et ce que tu peux réellement accomplir une fois assis dans le Bureau ovale sont deux choses différentes.

Tout ça pour vous dire que je suis à Washington vendredi pour assister à l'inauguration de Trump. Je serai dans la rue, quelque part parmi les centaines de milliers de personnes attendues pour l'occasion.

***

>>> Suivez notre chroniqueur Patrick Duquette, en direct de Washington, dès 9h00 vendredi matin

***

Jamais un président américain n'a pris le pouvoir avec un taux d'impopularité aussi élevé que Trump depuis au moins les 40 dernières années. On n'entendra pas que des applaudissements dans les rues de la capitale américaine.

L'assermentation du président américain est un événement marqué de nombreux rites. Après le serment, le président défile du Capitole jusqu'à la Maison-Blanche, avant de prendre part à des bals en soirée.

Il se pourrait bien que Trump défie une ou deux traditions, histoire de bien marquer sa distance avec les élites traditionnelles.

Aux représentants du Congrès plus tôt ce mois-ci, le vice-président, Mike Pence, a raconté que Trump presserait le défilé vers la Maison-Blanche, tellement il est impatient de s'asseoir au Bureau ovale pour démanteler l'héritage d'Obama...

Je vous en reparle.

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