Déjà une vieille rengaine

Le président désigné des États-Unis, Donald Trump, a... (Archives, Associated Press)

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Le président désigné des États-Unis, Donald Trump, a répondu sèchement au discours de Meryl Streep en utilisant encore une fois ses 140 caractères, sur Twitter.

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CHRONIQUE / Alors vous avez trouvé que Meryl Streep a livré un discours extraordinaire au Golden Globe ? Et que Donald Trump a réagi en goujat ?

Bien oui, moi aussi. Mais je vous le demande, cher public : what's new?

Des élites progressistes qui dénoncent les politiques de Trump, on en a entendu durant toute la campagne à la présidence américaine.

C'est vrai que le discours de Mme Streep était particulièrement éloquent et bien construit, ce qui n'est pas toujours le cas quand un lauréat vient chercher son prix Cecil B. DeMille. 

Reste qu'une vedette d'Hollywood qui pourfend Trump n'a rien d'étonnant ni de particulièrement courageux.

Meryl Streep n'est ni la première ni la dernière star d'Hollywood à jeter son fiel sur le président désigné américain - ce qu'elle faisait dimanche devant un parterre largement conquis d'avance.

Peut-être que j'ai trop suivi les élections américaines, mais toute cette histoire me semble une autre variation sur le même thème. Est-ce qu'on peut en revenir et passer à autre chose ?

Loin de moi l'idée d'excuser Trump qui a répondu à Mme Streep avec sa grossièreté habituelle. Qu'un président américain tienne des propos aussi orduriers à l'endroit d'une actrice plusieurs fois oscarisée dépasse toujours mon entendement.

Vu du Canada, un pays où les idées progressistes sont largement répandues, le discours de Meryl Streep semble refléter l'expression du bon sens. Sans réfléchir, on se dit : elle a tellement raison !

Mais aux États-Unis, un courant de pensée répandu veut qu'en frappant sur Trump du haut de leur supériorité morale, les élites favorisent en fait son éventuelle réélection.

Dans les états pauvres du Midwest où Trump a remporté une large quantité d'appuis, les électeurs n'en ont rien à cirer de l'opinion des vedettes d'Hollywood qui vivent dans des bicoques de riches sur la côte ouest américaine.

Pas mal certain que les partisans de Trump n'approuvent pas tous ses propos dégradants à l'endroit des handicapés, des femmes et des immigrés. Mais pour l'instant, ils se reconnaissent davantage dans les valeurs défendues par le président désigné que dans le discours politique, même bien tourné, d'une star du cinéma.

Trump et Meryl Streep qui s'asticotent sur la place publique, c'est une autre manifestation du dialogue de sourds auquel on assiste depuis maintenant des mois chez nos voisins du Sud. C'est le spectacle de deux Amériques figées chacune dans leur vision du monde, au sein d'un immense pays pétri de contrastes et d'inégalités sociales.

Est-ce qu'on va un jour sortir de ce dialogue de sourds ?

Sans doute, mais il faudra commencer par admettre que Trump a été élu, pour le meilleur et pour le pire. Même si on a aujourd'hui l'impression que c'est pour le pire, les électeurs américains ont passé un message qu'il faudra bien décoder un jour pour passer à autre chose.

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