Une évasion préméditée?

L'évasion de David Harvey soulève des questions quant... (Simon Séguin-Bertrand, Le Droit)

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L'évasion de David Harvey soulève des questions quant à la capacité de l'hôpital Pierre-Janet d'assurer la sécurité des patients et de son personnel.

Simon Séguin-Bertrand, Le Droit

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CHRONIQUE / Un prisonnier s'échappe de l'hôpital Pierre-Janet de Gatineau en assommant une préposée... Voilà qui n'est guère rassurant, surtout quand on connaît les antécédents violents du détenu en question.

David Harvey, 22 ans, était toujours en cavale lundi après-midi, soit deux jours après son évasion. Il avait été arrêté en 2015 pour l'agression d'un couple de gens âgés de L'Ange-Gardien. Avec deux complices, il avait détroussé le couple non pas à une, mais à deux reprises. Lors du deuxième braquage, le septuagénaire avait été attaqué à coups de décharges électriques, c'est dire...

Il me semble que lorsqu'un gars avec un passé pareil se retrouve entre tes mains, tu te dois d'être doublement vigilant. Pourtant, Pierre-Janet l'a échappé samedi après-midi, ce qui soulève toutes sortes de questions quant au niveau de sécurité de l'unité de psychiatrie légale de l'hôpital et quant à la formation du personnel.

Même s'il y avait du monde sur l'unité de soins où il était détenu, Harvey a profité d'un moment où il se trouvait dans un « angle mort », seul avec une préposée aux bénéficiaires, pour l'attaquer. Aux dires de la direction, les choses se sont passées si vite que l'employée n'a pas eu le temps d'activer le bouton permettant d'alerter les autres collègues présents sur l'unité. Même si elle avait été ceinture noire de karaté, elle n'aurait sans doute pas pu se défendre. Elle a été attaquée par surprise, par-derrière.

Pour Harvey, qui avait de toute évidence prémédité son coup, ce fut un jeu d'enfant de maîtriser la préposée et de lui subtiliser sa carte magnétique. Du coup, il a pu ouvrir la seule porte sécurisée qui se trouvait entre lui... et la liberté. Il a pris si rapidement la poudre d'escampette que personne, sur l'unité, n'a pu réagir à temps. Quand la police est arrivée pour barricader les portes de l'hôpital, Harvey était déjà au large...

•••

Que dit Pierre-Janet pour sa défense ?

Essentiellement que l'évasion de Harvey est un « cas exceptionnel ». Et qu'avant de chambouler les procédures en place, il faut s'assurer de bien comprendre ce qui s'est passé samedi après-midi. Des patients potentiellement agressifs, il en passe chaque jour à l'unité de psychiatrie légale de Pierre-Janet, dit le directeur Alain Godmaire. La plupart du temps, il n'arrive rien de fâcheux. Bien qu'en matière de psychiatrie, le « risque zéro » n'existe pas, concède-t-il.

L'avenir dira s'il faut plus d'agents de sécurité, plus de murs et plus de portes sécurisées à Pierre-Janet. En attendant, le plus déconcertant dans cette affaire d'évasion, c'est la rapidité et la facilité avec laquelle Harvey a déjoué les mesures de sécurité en place. Peut-être a-t-il été simplement chanceux. Mais l'impression première qui se dégage, c'est qu'il avait préparé son évasion. Lui qui était détenu à la prison de Hull a-t-il délibérément cherché à se faire admettre à Pierre-Janet d'où il croyait qu'il serait plus facile de s'évader ?

La question se pose alors que le public s'inquiète de voir un détenu potentiellement violent en cavale. Quant au syndicat de Pierre-Janet, il fait bien de se préoccuper de la sécurité de ses membres. Jour après jour, les préposés travaillent dans des conditions difficiles, dans des unités de soins remplies au maximum de leur capacité en raison du manque chronique d'hébergement pour des gens psychiatrisés en Outaouais.

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