Redonner au suivant

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Pierre Riel (premier à gauche) en compagnie d'une partie de son personnel, dans la cave à vins du bistro l'Huile d'olive à Bouchette.

Courtoisie, Journal La Gatineau

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CHRONIQUE / Tu quittes la 105 à Bouchette, tu traverses le village, tu roules une quinzaine de minutes sur des chemins de terre sinueux. Et là, paf, au détour du chemin, qu'est-ce que tu aperçois ?

Un bistro français perdu au milieu de nulle part.

Lorsque tu y regardes à deux fois, il n'y a pas que le bistro. C'est un petit village que le vice-président de Costco Canada, Pierre Riel, est en train de créer de toutes pièces, et à ses frais, dans son coin de pays, au bord du lac des 31 milles.

Une façon pour cet orphelin élevé sur une ferme de Sainte-Thérèse-de-la-Gatineau de redonner au suivant, après avoir gravi tous les échelons d'une entreprise autrefois connue sous le nom de Club Price.

Le village Majopial comprend donc ce bistro au joli toit rouge, baptisé l'Huile d'olive, qui attire les villégiateurs et une clientèle en provenance d'Ottawa-Gatineau. L'attrait principal du resto ? Une cave à vins installée sous un plancher vitré qui compte quelque 1400 bouteilles. Pour s'occuper de la cuisine, Pierre Riel a recruté l'ancien chef exécutif du golf Le Sorcier, Marc Gervais.

Mais il n'y a pas que le resto. Le domaine compte des chalets, une marina et un camping. Sans oublier l'auberge de l'Apprenti qui abrite une école du Pôle d'excellence en récréotourisme de l'Outaouais d'où sont déjà sorties quatre cohortes de diplômés.

Un véritable village, donc.

Comme le dit lui-même Pierre Riel, tu ne t'attends pas à trouver un tel endroit au bout d'un rang de campagne...

•••

J'ai rencontré M. Riel, 53 ans, dans les bureaux du siège social de Costco à Ottawa, où il a amorcé sa carrière comme manutentionnaire au milieu des années 1980.

Pendant ses études secondaires à Maniwaki, il travaillait 30 heures par semaine afin de contribuer au revenu familial. Après avoir songé à acheter le poulailler de sa grand-mère, il s'est plutôt retrouvé à travailler comme ambulancier, puis comme infirmier dans un hôpital psychiatrique de Montréal.

Puis, il a commencé à travailler comme superviseur chez Club Price. Il a vite été promu, devenant à 26 ans le plus jeune directeur d'entrepôt de l'est du Canada, avant d'accéder à la haute direction. Aujourd'hui, il compte 19 000 employés sous ses ordres.

Pierre Riel avait acheté un chalet sur le bord du lac des 31 milles en 1994. Quand Costco a déménagé son siège social à Ottawa, en 2001, il est revenu pour de bon dans son coin de pays. Il a su que les terres bordant son chalet étaient à vendre aux fins d'exploitation forestière. Vite, il a tout acheté. « Je ne voulais pas qu'on coupe le bois ! », explique-t-il.

•••

Il a commencé par bâtir le restaurant. À une heure et quart de route d'Ottawa, au beau milieu des bois... « Disons que je n'ai pas pensé business. C'était un rêve d'enfance. Je voulais un resto, je me suis bâti un resto ! »

Au début, il a invité 225 personnes à venir y manger gratuitement. Un peu de publicité, et le bouche-à-oreille ont fait le reste. « Dimanche dernier, j'ai servi 90 personnes à 150 $ le couvert », dit-il.

Aujourd'hui, il rêve de bâtir un village sur le bord du lac des 31 miles. Un village basé sur le principe du troc, où les habitants partagent leur savoir-faire pour le bien-être de la commune.

« On a une belle région en Haute-Gatineau, dit M. Riel. Mais c'est une région qui travaille en silo. Les gens ne se rassemblent pas assez. Je me suis dit que si on pouvait leur donner de petits exemples, comme le village Majopial... »

Selon lui, il y a moyen de développer le tourisme en Haute-Gatineau sans menacer les littoraux. Avec d'autres, il travaille à un pacte régional avec les villégiateurs qui craignent que le tourisme menace la tranquillité et la santé des lacs. 

Le village Majopial emploie de 9 à 12 personnes, selon la saison. Pierre Riel songe à ajouter de nouveaux chalets, à exploiter l'érablière située sur ses terres. « Pour moi, ce projet, c'est une histoire de coeur, pas une histoire de faire de l'argent. »

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