Se prendre en main

Le préfet de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau,... (Patrick Duquette, Le Droit)

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Le préfet de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau, Michel Merleau, a un verger de 350 pommiers.

Patrick Duquette, Le Droit

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CHRONIQUE / Michel Merleau habite une jolie maison de bois rond au fond d'un rang, à Bouchette. Ce matin-là, ses pommiers ruisselaient sous la pluie.

Malgré l'aspect paisible et enchanteur des lieux, M. Merleau y passe peu de temps, trop occupé à parcourir la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau, dont il est le préfet élu depuis 2013.

On m'avait présenté cet ancien journaliste du Droit comme un gars au-dessus de la mêlée, doté d'une vision hors du commun. Bref, un bon sujet pour amorcer cette série de chroniques sur la Vallée-de-la-Gatineau.

Vrai que l'homme de 69 ans a une vaste expérience des affaires municipales. Il a été directeur général de quatre villes - Chambly, Buckingham, Saint-Jean-sur-Richelieu et Maniwaki. Il a aussi travaillé comme directeur du développement à Montréal International, où il s'est fait un carnet de contacts intéressants.

Quand je suis passé chez lui, il était justement au téléphone avec un consultant de Montréal pour un projet qu'il a en tête. « Une approche qui n'a jamais été tentée », me souffle-t-il.

•••

Pour Michel Merleau, il est anormal que les trois MRC entourant Gatineau figurent parmi les plus pauvres du Québec depuis le déclin de l'industrie du bois. « On n'a pas le droit d'être là », s'insurge-t-il.

L'Outaouais rural n'est pas une région éloignée comme la Gaspésie, poursuit-il. Elle se trouve à deux pas de Gatineau et surtout d'Ottawa et de son économie florissante. À ses yeux, il n'y a aucune excuse pour que la Vallée ne profite pas de cette richesse. D'ailleurs, il verrait bien les MRC de l'Outaouais miser davantage sur la proximité de Montréal et sa vigueur économique. 

Au lieu d'attendre un sauveur providentiel, c'est à la région de se prendre en main et de cogner à la porte des investisseurs. « La balle est dans notre camp. C'est à nous de prouver que c'est rentable d'investir chez nous », insiste le préfet.

Pour cet ancien consultant, pas question de se présenter les mains vides chez les gens d'affaires de Montréal, d'Ottawa ou d'ailleurs. Il cherche à convaincre les préfets des MRC voisines d'investir dans un plan d'affaires conjoint qui servirait de carte de visite auprès des investisseurs.

« Le plan d'affaires s'adresserait à la fois aux politiciens qui doivent vendre leur salade à Québec et Ottawa, de même qu'aux gens d'affaires de Montréal, explique M. Merleau. Ça n'a jamais été tenté comme approche. »

L'analyse porterait sur l'ensemble du potentiel économique des trois MRC en fonction des marchés et des tendances mondiales. Plusieurs secteurs seraient explorés, à commencer par l'industrie forestière qui demeure l'épine dorsale de l'économie régionale avec de gros employeurs comme Louisiana Pacific et Résolu. On examinerait aussi le potentiel minier, le récréotourisme, la recherche scientifique, et surtout, l'énergie hydroélectrique et éolienne.

« Un autre gros potentiel, et là je sais que des gens sont en désaccord, c'est que l'Ontario est un atout pour l'Outaouais. Au front régional où je siège, on veut rapatrier au Québec des choses qui se font en Ontario. Selon moi, on doit plutôt être complémentaire avec Ottawa. Sinon, on est sûr de perdre. Ottawa est un géant qui a des moyens qu'on n'a pas, des moyens qu'on n'aura jamais. »

« Je m'affiche comme un fusionneur de villes et d'organismes, poursuit M. Merleau. J'ai un excellent conseil qui pense de plus en plus en fonction de la région et j'adore ça. Je n'ai pas peur de mes voisins. Les petites municipalités ont tendance à travailler pour leur village. Alors que notre concurrence est à Boston et dans le Midwest américain, pas à Gatineau ou en Ontario. »

Avant de partir, Michel Merleau m'a fait visiter son petit verger de 350 pommiers. Plus qu'un passe-temps, c'est l'occasion pour lui de prouver qu'il est possible de cultiver des pommes de manière rentable dans la Vallée, comme ça se fait à Oka ou Rougemont. Après 5 ans d'exploitation, il a atteint son but. « J'ai même convaincu ma voisine, une jeune agronome, de planter 350 pommiers sur sa terre », dit-il d'un air satisfait.

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