Encore la faute à Donald?

Une croix gammée et le mot péjoratif « kike »... (Photo tirée de Facebook)

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Une croix gammée et le mot péjoratif « kike » ont été peints sur la porte de la résidence d'une femme rabbin d'Ottawa dans la nuit de lundi à mardi.

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CHRONIQUE / Voilà qu'on assiste à une vague de graffitis haineux et racistes à Ottawa. Est-ce la faute à Donald Trump et à sa campagne teintée de propos racistes ?

La preuve est difficile à faire. Mais quand un populiste s'excite sur le dos des minorités, il y a toujours des extrémistes quelque part qui se sentent justifiés d'exprimer au grand jour leur haine de l'autre et leur xénophobie.

Des églises, des synagogues et des mosquées vandalisées, on a vu ça à Londres après le vote sur le Brexit. Et au Québec lors du déchirant et émotif débat sur la Charte des valeurs. Il suffit souvent que la tension monte d'un cran sur la question des minorités pour provoquer un lot d'actes disgracieux.

Et les « politiques de division » utilisées en campagne électorale pour gagner des votes ne font sans doute rien pour assainir le climat ambiant. Trump n'a pas l'exclusivité de ces stratégies de division. Ici même au Canada, l'ex-premier ministre Stephen Harper s'en était fait une spécialité. Qu'on se rappelle le déchirant débat sur le niqab...

Plus récemment au Québec, le chef caquiste François Legault a tenté de se faire du capital politique sur la victoire de Trump en cassant du sucre sur le dos des prétendues « élites » au Québec. L'ancêtre de la CAQ, l'ADQ de Mario Dumont, avait joué dans les mêmes plates-bandes pour devenir l'opposition officielle en 2007, en faisant campagne sur le thème discordant des accommodements raisonnables.

T'as beau lancer un appel au ralliement une fois la victoire acquise, comme Trump l'a fait au lendemain de l'élection présidentielle américaine, il y a toujours des dommages collatéraux quand tu divises ta population au lieu de la rassembler autour d'un projet commun. C'est le climat démocratique en général qui s'en ressent. Avec les médias sociaux, le virus se transmet plus vite que jamais d'un pays à l'autre. Et ça donne souvent ce qu'on voit ces jours-ci à Ottawa : des croix gammées sur les synagogues et des messages racistes sur les églises fréquentées par la communauté noire.

Il ne faut sans doute pas trop compter sur la police d'Ottawa pour mettre la main au collet des vandales. Bien sûr, il existe des articles dans le Code criminel contre les crimes haineux. Sauf que les forces de l'ordre en ont déjà plein les bras avec les affrontements entre gangs de rue qui font presque une victime par semaine dans les rues de la capitale fédérale. Il serait étonnant que la police consacre beaucoup d'énergie à chasser des voyous armés de canettes d'aérosol.

N'empêche que la meilleure réponse à ces manifestations de haine et d'intolérance, c'est celle qu'on voit depuis quelques jours à Ottawa. Le maire d'Ottawa a condamné le geste des vandales, tout comme le chef de police et les leaders des communautés religieuses. Même le premier ministre Justin Trudeau a joint sa voix à la leur pour défendre le droit à l'égalité et à la liberté de religion au Canada.

Pour les autorités, cette façon de réagir en lançant un appel à l'unité plutôt qu'en jetant de l'huile sur le feu devrait être un réflexe. C'est ainsi qu'on évite de jouer le jeu des extrémistes de tout acabit.

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