Éveiller l'esprit par la lecture

CHRONIQUE / Quand on apprend que la majorité des garçons québécois lisent peu... (123RF/Tyler Olson)

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CHRONIQUE / Quand on apprend que la majorité des garçons québécois lisent peu ou pas du tout pour leur plaisir, je pense qu'il faut s'en inquiéter. Et pas seulement parce que ça signifie qu'ils seront plus nombreux à décrocher de l'école.

D'ailleurs, on a beaucoup insisté sur le peu d'intérêt des gars pour la lecture après la publication de cette étude de l'Institut de la statistique du Québec. Mais il suffit de jeter un coup d'oeil aux chiffres pour réaliser que les filles de 15 ans lisent à peine un peu plus que leurs congénères masculins.

Il me semble que la lecture, surtout à l'adolescence, éveille l'esprit à toutes sortes de nouveaux horizons. Jeune, j'ai été initié à la lecture par ma mère. Un plaisir que j'ai transmis à mes propres enfants. J'ai un grand garçon de 15 ans à la maison qui dévore un roman fantastique après l'autre. Il est incollable sur la mythologie grecque depuis qu'il a lu les aventures de Percy Jackson. Et il pète des scores dans toutes les matières sur les bancs d'école.

La lecture est un bon moyen de développer son esprit critique. Ce n'est pas le seul, mais c'en est un bon. Et on en a bien besoin, d'esprit critique et de réflexion, dans notre monde post-Brexit et post-élection de Donald Trump aux États-Unis.

•••

Je ne sais pas si vous avez vu, mais le mot de l'année, selon le dictionnaire Oxford, c'est post-truth - qu'on pourrait traduire en français par post-vérité. C'est un mot de plus en plus utilisé par les commentateurs politiques pour désigner des « circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d'importance pour modeler l'opinion publique que les appels à l'émotion et aux opinions personnelles. »

Vous me suivez ?

J'ai des collègues au bureau qui prennent pour le Canadien de Montréal. D'autres ne jurent que par les Sénateurs d'Ottawa. Et quand ils discutent ensemble, c'est pas très édifiant. Chacun détient sa propre vérité. Et il n'y a jamais trop de mauvaise foi pour faire triompher son point de vue. Les faits ? Le contexte ? L'objectivité ? Oubliez ça, ça n'existe pas dans le discours d'un partisan de hockey...

Le plus triste, c'est quand ce genre de débat sans fondement gagne l'arène politique. La post-vérité, ce sont les discours populistes de Trump ou des partisans du Brexit qui réussissent à convaincre les masses. Les médias traditionnels ont beau s'échiner à rétablir les faits, à exposer les mensonges, à contextualiser, une partie de la population ne les écoute plus. Elle préfère s'informer sur les médias sociaux où pullulent des sources d'information plus ou moins fiables.

•••

J'en reviens à nos jeunes garçons, à nos jeunes filles qui ne lisent plus pour le plaisir. C'est vrai que le monde évolue, qu'on vit dans un monde de perception et de grande rapidité. Vrai aussi que la lecture n'est pas le seul chemin vers le développement de l'esprit critique. Mais je viens d'où je viens. D'une famille où ma mère nous a initiés très tôt à la lecture, un modèle que j'ai reproduit avec mes enfants.

Or dans l'étude de l'ISQ, on note que les enfants éveillés très jeunes à la lecture deviendront non seulement de meilleurs élèves, ils apprendront très tôt à faire des liens entre les informations qu'ils reçoivent et les lectures qu'ils font. 

Mieux, ils vont reformuler des idées importantes dans leurs propres mots au lieu de tout gober ce qu'on leur balance sans réfléchir.

C'est un réflexe qui a encore toute sa valeur dans le monde d'aujourd'hui.

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