Deux visions pour le prix d'une

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a de bonnes... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a de bonnes raisons de sourire après la publication d'un sondage par Radio-Canada.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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CHRONIQUE / Ainsi, Maxime Pedneaud-Jobin ne ferait qu'une bouchée de Lawrence Cannon si l'élection à la mairie de Gatineau se tenait ces jours-ci.

J'avoue que je m'attendais à un meilleur score de la part de l'ancien ministre conservateur, aujourd'hui ambassadeur à Paris.

M. Cannon ne récolte que 17 % des intentions de vote contre 47 % pour le maire Pedneaud-Jobin dans ce sondage Segma-Radio-Canada. 

Un gros écart, assez surprenant, même si le maire en place part généralement avec une longueur d'avance sur ses prétendants dans les intentions de vote.

L'autre aspect qui avantage le maire Pedneaud-Jobin, c'est que le sondage simulait une course à plusieurs candidats, incluant notamment l'ancien maire Yves Ducharme, de même que les conseillers Denis Tassé et Sylvie Goneau.

On peut parier que si l'enquête de Segma avait porté sur une course à deux entre Pedneaud-Jobin et Cannon, celui-ci aurait récolté au moins 30 % des votes...

Je veux bien que les gens aient oublié un peu M. Cannon depuis son départ de la politique fédérale.

Reste que l'ancien député du Pontiac et ex-président de la Société de transport de l'Outaouais (STO) reste un candidat de poids qui mettrait du piquant dans une course à la mairie.

Tout comme Yves Ducharme, M. Cannon apporterait une intéressante contribution au débat sur le développement de Gatineau. Les deux hommes ont en commun d'avoir toujours vu grand pour la métropole de l'Outaouais - surtout Ducharme.

Sauf que depuis quelques années, on sent moins d'appétit de la part des Gatinois pour les politiciens qui nourrissent des idées de grandeur.

Avec Marc Bureau, la population a voté à deux reprises pour un maire plus intéressé à déneiger les trottoirs et à boucher les nids-de-poule qu'à faire rayonner sa ville sur la scène provinciale ou à l'international.

D'une certaine manière, Maxime Pedneaud-Jobin a fait le pari d'incarner les deux tendances en même temps.

Tout comme Yves Ducharme autrefois, il tente de donner une « voix forte » à Gatineau autant à Québec qu'à Ottawa.

L'administration Pedneaud-Jobin n'a pas délaissé pour autant les services aux citoyens en amorçant des réformes nécessaires à l'urbanisme et au développement économique.

Les répondants au sondage ont d'ailleurs majoritairement exprimé leur accord face à la vision du développement de Maxime Pedneaud-Jobin.

Un développement qui se veut davantage à échelle humaine, plus vert, plus transport en commun et souvent d'inspiration européenne.

En courtisant aussi bien les citoyens qui rêvent de faire de Gatineau une ville plus rayonnante et les autres qui se préoccupent davantage de l'entretien des nids-de-poule, Maxime Pedneaud-Jobin ratisse large, si large qu'il ne laisse plus grand place sur l'échiquier politique pour ses détracteurs.

La population semble même prête à lui pardonner ses difficultés à faire avancer les grands dossiers comme l'aréna Guertin.

Pas pour rien que la seule autre candidate déclarée à la mairie de Gatineau, Sylvie Goneau, cherche à se démarquer du maire actuel sur des questions comme la gouvernance, le leadership et les fameuses tours de Brigil. Pour le reste, ses positions se rapprochent à s'y méprendre à celles du maire. C'est dire, Mme Goneau pourrait presque acheter sa carte du parti Action Gatineau !

Avec un taux de satisfaction de 66 % à moins d'un an des élections, le maire Pedneaud-Jobin semble bien en selle pour assurer sa réélection. Même s'il ne faut jamais présumer de rien en politique.

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