Aux petits oignons

Même l'ex-maire Yves Ducharme, qui a oeuvré comme... (Archives, LeDroit)

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Même l'ex-maire Yves Ducharme, qui a oeuvré comme porte-parole de Brigil dans le dossier des tours, semblait prêt à donner une chance à cette nouvelle commission.

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CHRONIQUE / Dans une ville comme Gatineau où la majorité des gens rêvent d'occuper un emploi payant au fédéral, il faut traiter « aux petits oignons » les trop rares entrepreneurs prêts à risquer leur chemise pour y brasser des affaires, a déclaré mardi le maire Maxime Pedneaud-Jobin. « On ne peut pas se permettre de les échapper », dit-il.

Et il a raison. Bien que certains relèveront une contradiction dans ses propos, ils diront que c'est ce même maire qui lève le nez sur le projet des tours Brigil devant le Musée canadien de l'histoire, un projet de quelque 400 millions financé entièrement par le privé, et initiative, justement, d'un entrepreneur de chez nous.

Mais bon !

L'heure n'était pas à la contestation mardi après-midi alors que le maire lançait sa nouvelle commission de développement économique devant un parterre de gens d'affaires réunis à la Maison du citoyen. Même l'ex-maire Yves Ducharme, qui a oeuvré comme porte-parole de Brigil dans le dossier des tours, semblait prêt à donner une chance à cette nouvelle commission qui remplacera l'ancien Développement économique CLD-Gatineau.

Pour M. Ducharme, devenu président du Regroupement des gens d'affaires de la capitale nationale (RGA), l'important est que la Ville de Gatineau fasse le ménage dans sa bureaucratie et dans l'émission des permis d'affaires.

Trop souvent à Gatineau, les entrepreneurs ont l'impression de se buter à une machine administrative qui ne sait pas ce qu'elle veut et leur met des bâtons dans les roues, relate M. Ducharme. Alors qu'à Ottawa, les règles sont claires et les délais d'attente connus d'avance, ce qui enlève beaucoup de frustration aux entrepreneurs.

•••

Ce n'est pas d'hier qu'on rêve de faire de Gatineau une véritable ville d'affaires. Le maire Pedneaud-Jobin avait promis des réformes pour y parvenir. C'est ce qu'il a livré mardi après-midi. Si Gatineau ne réussit pas son coup, ce ne sera pas faute d'avoir essayé.

Avec la création de cette nouvelle commission, composée en majorité de gens d'affaires, la Ville se réapproprie le rôle de développement économique qui incombait depuis 2005 à l'ancien DECLD-Gatineau. Un secrétariat dirigé par Isabelle Veilleux, ex-directrice du centre d'affaires de la Banque de développement du Canada, épaulera le travail de la commission.

Quant à l'ancien CLD, il adopte un nom racoleur - ID Gatineau - mais se fait amputer une partie de son personnel en raison des compressions de Québec. Son mandat se limitera désormais à offrir des mesures de soutien aux entreprises. Quant au service d'urbanisme, il subit lui aussi une transformation d'une ampleur inégalée depuis la fusion.

Avec ces réformes qui réduiront la bureaucratie et donneront plus de pouvoirs aux élus au plan économique, Gatineau espère être en mesure de donner le coup de barre nécessaire pour diversifier son économie. Y parviendra-t-elle ?

Malgré les efforts de diversification, l'économie de Gatineau demeure fortement tournée sur elle-même et concentrée dans l'industrie des services. Il est assez rare que de nouvelles entreprises viennent s'y installer. Même si la qualité de vie exceptionnelle demeure un atout, la mauvaise réputation du système de santé nuit aux efforts de prospection...

On en saura plus quand la nouvelle commission de développement économique déposera son plan stratégique au conseil municipal. C'est vraiment avec ce plan qu'on saura de quel bois se chauffe cette créature qui compte des représentants des grandes entreprises, des PME, de l'immobilier et du monde de l'éducation. Même les MRC voisines de Gatineau y sont représentées par un préfet.

Déjà, c'est un bon coup que d'avoir réuni tout ce beau monde autour d'une même table pour discuter d'un plan commun pour relancer l'économie. Aux échecs, un jeu que j'adore, on dit qu'il vaut mieux avoir un mauvais plan que pas de plan pantoute. Or ça fait des années que Gatineau n'a pas de plan sérieux pour faire prospérer son économie autrement qu'en comptant sur la fonction publique fédérale. On semble sur le point de pallier cette lacune.

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