Ce n'est plus comme avant

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Signe que les mentalités ont changé, à une certaine époque, les activités étudiantes à caractère sexuel et dégradant comme le Vet's Tour à l'Université d'Ottawa ne causaient pas une aussi grande indignation.

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CHRONIQUE / C'est terrible, bien sûr, ça ne devrait pas exister. On ne devrait pas forcer des femmes, ni des hommes, à avoir des relations sexuelles contre leur consentement.

L'actualité de la semaine a été marquée par de nouvelles allégations d'agressions sexuelles et de culture du viol sur les campus universitaires à Laval et Ottawa.

Et même si je m'en désole, je ne peux m'empêcher de voir un signe encourageant dans la réaction à ces récents événements. 

Depuis l'affaire Jian Ghomeshi, depuis le mouvement #agressionnondénoncée sur les médias sociaux, il se passe quelque chose. Je nous trouve plus prompts à dénoncer, plus vigoureux aussi dans notre indignation.

À une certaine époque, des activités étudiantes à caractère sexuel comme le Vet's Tour à l'Université d'Ottawa, ou les douze travaux d'Hercule à l'Université du Québec en Outaouais (UQO), n'auraient pas ému grand monde, à part peut-être les féministes.

Plutôt que de blâmer les organisateurs, on aurait montré du doigt les femmes qui refusaient de jouer le jeu en les traitant de Sainte-Nitouche...

Aujourd'hui, un recteur qui ne réagit pas assez vite à une vague d'agressions sexuelles sur son campus se fait chahuter par une foule indignée, comme on l'a vu à l'Université Laval.

À l'inverse, un recteur qui réagit sur-le-champ à une initiation à caractère sexuel sur son campus, comme Denis Harrisson l'a fait à l'UQO, est félicité pour sa diligence.

D'ailleurs, j'ai trouvé un peu molle la réaction du recteur de l'Université d'Ottawa, Jacques Frémont, aux révélations sur les présumées activités à caractère sexuel du Tour des anciens.

M. Frémont refuse de lancer une enquête sur ces allégations somme toute troublantes. Alors que le nom de l'Université a été associé, à tort ou à raison, à cette activité impliquant une association étudiante. Disons que l'Ud'O nous a habitué à des réactions plus résolues par le passé.

•••

N'empêche, il me semble y avoir une appropriation de plus en plus large de la cause féministe.

À preuve, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, qui n'hésite pas à s'accoler l'étiquette de féministe. Preuve que l'appellation n'est plus uniquement associée à une frange plus revendicatrice du mouvement comme par le passé.

Et c'est normal que le débat déborde la cause féministe. Les femmes sont aujourd'hui beaucoup plus nombreuses sur les bancs universitaires, dans les postes de haute gestion de l'administration publique et privée, de même que dans la sphère politique. Elles prennent la place qui leur revient.

Je ne dis pas que la bataille est gagnée. Au contraire, on nous dit que la culture du viol est plus répandue qu'on ne le pense non seulement sur les campus universitaires, mais dans la société en général.

Mais cette vague d'indignation spontanée lance le message qu'un pas a été franchi et qu'il n'est plus question de revenir en arrière. 

C'est un message important, notamment pour faire contrepoids aux propos dégradants sur les femmes qu'un Donald Trump peut tenir aux États-Unis et qui se répandent par le biais des médias sociaux.

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