Le gros prix

CHRONIQUE / Vous trouvez que le Rapibus a coûté cher à Gatineau ? C'est rien à... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

Agrandir

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

CHRONIQUE / Vous trouvez que le Rapibus a coûté cher à Gatineau ? C'est rien à côté de ce que ça coûtera pour le prolonger jusqu'à Aylmer.

On a fait grand cas, et avec raison, des dépassements de coûts qui ont plombé la construction du Rapibus dans l'est et mené à une facture finale de 255 millions. Tout ça pour un service d'autobus qui est peut-être plus fiable qu'avant, mais pas nécessairement plus rapide.

Et pourtant, dans l'est, on était devant un concept relativement simple. Il s'agissait de bâtir une ligne dédiée aux autobus sur une ancienne voie de chemin de fer qui reliait, quasiment en ligne droite, l'est de Gatineau au centre-ville. Sur papier, rien de compliqué !

Alors que dans l'ouest de Gatineau, c'est une autre paire de manches. Peu importe le trajet qu'on retiendra pour relier le Rapibus aux secteurs d'Aylmer et du Plateau, de gros obstacles se dressent sur la route.

Il n'y a pas de ligne droite qui s'impose d'emblée, pas de solution évidente pour établir un lien rapide par autobus ou par tramway avec les centres-villes d'Ottawa et de Gatineau.

Où qu'on passe, il y aura toujours une entrave à franchir, que ce soit le parc de la Gatineau, les ronds-points sur des Allumettières ou encore une emprise trop étroite sur le boulevard Taché.

•••

Comme il faut bien commencer quelque part, la Société de transport de l'Outaouais a retenu trois scénarios pour faire passer le prochain « lien rapide » de transport en commun vers l'ouest de Gatineau.

De mon point de vue, le seul scénario qui a des chances d'aboutir sur un véritable Rapibus, c'est le trajet qui passe par le boulevard des Allumettières.

C'est le scénario qui a le plus de chances de se traduire par un service de transport en commun plus rapide et plus fiable qu'à l'heure actuelle. Seul hic : c'est aussi le scénario qui semble le plus onéreux.

Un Rapibus qui passe par des Allumettières, ça signifie qu'on devra lui frayer de force un passage dans le soutènement rocheux qui traverse le parc de la Gatineau. Sans compter qu'il faudra réaménager le pont enjambant le ruisseau des Fées. Imaginez ce que ça pourrait coûter !

L'autre chose, c'est qu'un Rapibus qui passe par des Allumettières serait freiné dans son élan par les trois carrefours giratoires qui forment un goulot d'étranglement à la fin du parcours. Un problème que la STO n'a pas réussi à résoudre.

•••

La seconde option de la STO, qui consiste à faire passer le Rapibus par le boulevard Taché, me semble peu attrayante à première vue. Non seulement les temps de parcours ne seraient pas très avantageux, mais il faudrait exproprier des terrains situés le long du boulevard Taché, entre Montcalm et Saint-Joseph. Tout ça risque de coûter très cher pour des progrès peu évidents.

L'autre option considérée par la STO, c'est de simplement améliorer le service actuel avec l'ajout d'autobus et de voies réservées. Avec le développement fulgurant du secteur Aylmer, ce n'est pas une option viable à long terme. À court terme, ce pourrait être un bon scénario d'attente.

•••

La STO a décidé de consulter rapidement la population dans ce dossier. Bravo.

Le problème, c'est que les scénarios présentés sont trop vagues. Pour qu'on se fasse une idée définitive, il faudra qu'on nous donne des coûts et des temps de parcours associés à chacune des trois options.

À moins que l'objectif immédiat de la STO soit de préparer l'opinion publique au fait qu'il n'y a pas de solution miracle pour passer un Rapibus fiable et rapide vers l'ouest. Et que pour y arriver, il faudra y mettre le prix.

Le gros prix.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer