Un peu de cohérence patrimoniale

Cette esquisse du projet du 22, rue Principale,... (Courtoisie)

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Cette esquisse du projet du 22, rue Principale, dans le Vieux-Aylmer, a été présentée lors d'une consultation publique, le 13 juillet dernier. Les plans ne prenaient alors pas en considération les commentaires faits par les citoyens.

Courtoisie

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CHRONIQUE / Mettez côte à côte une photo de l'Auberge Symmes et une image de cet immeuble à condos qu'un promoteur propose de construire à deux pas de l'édifice historique du Vieux-Aylmer.

Le problème vous sautera aux yeux.

Il n'y a aucun rapport évident entre les deux bâtiments. Alors qu'il devrait y en avoir un. Quand tu intègres un édifice moderne à un quartier patrimonial, il faut que tu cherches à créer une unité, une cohérence entre le vieux et le neuf.

Rien de tout ça ici.

Tel que proposé, l'édifice à condos qu'on veut construire au 22, rue Principale risque même d'écraser par sa taille l'Auberge Symmes qui est censée être l'emblème, pour ne pas dire l'âme architecturale du quartier.

Alors voilà, je n'ai rien contre l'édifice proposé par le promoteur Denis Cléroux. Je ne le trouve ni beau ni laid. Seulement, je le verrais mieux s'intégrer dans un quartier neuf, comme le Plateau de la capitale, où il se marierait parfaitement au paysage.

Dans un quartier patrimonial comme le Vieux-Aylmer, il n'a tout simplement pas rapport. Et les citoyens qui contestent le projet tel que présenté ont bien raison de le faire.

Si la Ville de Gatineau est sérieuse dans son ambition de protéger ses quartiers patrimoniaux, l'étalon de mesure doit être les maisons patrimoniales du secteur, pas le dernier design à la mode en matière d'immeubles à condos.

Maintenant, j'ai hâte de voir comment le débat évoluera. Dans ce genre de dossier, les positions ont tendance à se polariser rapidement. D'un côté, on aura les ardents défenseurs du patrimoine. De l'autre, un promoteur qui prétendra, non sans raison, que son projet est conforme au zonage en vigueur.

Et comme toujours, on aura de la misère à réconcilier les deux parties.

•••

Quand des dossiers litigieux comme ceux-là surgissent, je me dis que Gatineau aurait bien besoin d'un Office de consultation publique municipal. Le maire Maxime Pedneaud-Jobin s'était engagé à créer un tel organisme indépendant, mais l'ordre du jour politique ne lui a pas permis de remplir sa promesse à ce jour.

Il existe un Office de consultation publique à Montréal. C'est un genre de bureau d'audiences publiques qui se penche sur toutes les questions importantes de développement. Le processus est à la fois indépendant et transparent et permet d'apporter un minimum d'objectivité à des débats qui sombrent autrement dans la controverse.

Dès le début du processus, les promoteurs doivent déposer à l'Office toute la documentation relative à leur projet. Les citoyens peuvent consulter les plans et poser des questions lors d'une soirée d'information. S'ensuivent des consultations publiques qui permettent à tout un chacun de donner son avis sur le projet, de vive voix ou en déposant un mémoire.

À la fin, les membres de l'Office déposent des recommandations. Le conseil municipal a le loisir de les suivre ou pas - mais il risque d'en payer le prix politique s'il les ignore.

Dans une ville en plein essor comme Gatineau, il me semble qu'un Office de consultation publique deviendrait vite un forum indispensable pour discuter des questions de développement.

•••

Et je dis ça comme ça : pourquoi est-ce que Gatineau ne subventionnerait pas des projets privés dans les quartiers patrimoniaux ?

La Ville de Gatineau donnerait ainsi les moyens aux promoteurs immobiliers de construire des bâtiments plus intéressants, tout en se donnant un droit de regard accru sur la qualité patrimoniale des projets.

Si l'octroi de subventions permet de développer un quartier plus intéressant et plus beau, en plus de faire augmenter la valeur des propriétés, c'est l'ensemble de la communauté qui en profiterait. L'investissement de départ en fonds publics en aurait alors valu la peine.

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