La zénitude, ça s'use

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin... (Martin Roy, Archives LeDroit)

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Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin

Martin Roy, Archives LeDroit

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CHRONIQUE / Ça sent déjà les élections à Gatineau. Cette histoire de chasse aux karaokés illégaux a peut-être involontairement donné le signal du départ.

Après les rumeurs voulant que l'ex-ministre conservateur Lawrence Cannon se présente à la mairie de Gatineau à l'automne 2017, voilà que l'ancien maire Yves Ducharme ne ferme pas la porte à un retour dans l'arène municipale.

En soi, cette déclaration ne veut rien dire. C'est la citation classique du politicien qui cherche à se garder un maximum d'options ouvertes. Et puis, je doute que M. Ducharme se présente à la mairie si jamais Lawrence Cannon décide d'y aller.

La réponse de M. Ducharme n'en est pas moins intéressante dans la mesure où elle en dit long sur sa déception à l'endroit de Maxime Pedneaud-Jobin, qu'il avait appuyé dans l'ombre, lors de la course à la mairie de 2013.

Trois ans plus tard, M. Ducharme se range dans le camp des déçus. Il reproche au maire Pedneaud-Jobin son incapacité à prendre des décisions et il a profité des remous autour du « karaokégate » pour le souligner.

Méritée ou pas, cette étiquette de perpétuel indécis commence à peser lourdement sur M. Pedneaud-Jobin.

En tout cas, le maire actuel semble incapable de s'en défaire depuis son refus d'appuyer les tours Brigil et ses difficultés à résoudre le cas du nouveau Guertin, deux dossiers qui plombent son mandat.

Si jamais M. Ducharme se présentait à la mairie de Gatineau, ce serait presque l'assurance que la prochaine élection sera un référendum sur le projet des deux tours de Brigil, rue Laurier. Même s'il n'est plus le porte-parole de Gilles Desjardins dans ce dossier, M. Ducharme continue de croire au potentiel du projet pour relancer le centre-ville.

Chose certaine, une élection sur le thème des tours Brigil soulèverait les passions comme rarement auparavant à Gatineau. La population demeure extrêmement polarisée autour du dossier. Une moitié est farouchement pour, l'autre moitié, farouchement contre. Et ça n'a rien d'étonnant. Dans le fond, le projet de Brigil amène les citoyens à s'interroger sur le genre de centre-ville qu'ils désirent. Des édifices en hauteur ou un quartier à échelle humaine ? Avec Yves Ducharme et Maxime Pedneaud-Jobin comme candidats à la mairie, chacune des options aurait son champion, même si les deux visions ne sont pas irréconciliables.

•••

Autre signe que les élections approchent : la virulente réaction de M. Pedneaud-Jobin à la saga des karaokés. Sent-il la soupe chaude à l'approche de l'année électorale ? En tout cas, le maire aurait voulu avertir les médias plus critiques de son administration de se tenir tranquilles qu'il n'aurait pas agi autrement.

M. Pedneaud-Jobin a le droit de critiquer le travail des médias. C'est même un réflexe tout à fait sain dans une démocratie. Il a aussi le droit de rectifier certains faits qu'ils jugent inexacts, ce qu'il aurait pu et aurait dû faire au lendemain du premier article dans LeDroit.

Au lieu de cela, il a préféré attendre quatre jours avant de se lancer dans une attaque particulièrement hargneuse contre certains médias, dont LeDroit. Tout ça donne l'impression que son objectif était moins de remettre les pendules à l'heure que de passer le message à certains journalistes de bien peser chaque mot qu'ils disent ou écrivent.

Tout ça m'a rappelé une conversation avec M. Pedneaud-Jobin peu après son élection à la mairie en 2013. C'était au lendemain d'une controverse quelconque dans les journaux. Je lui avais demandé si ça l'affectait. Il m'avait répondu qu'il avait en général une attitude « zen » avec les journalistes.

Et bien, il faut croire que trois ans au pouvoir, ça vous use la zénitude.

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