On l'avait vu venir

Ça fait des années qu'on sait que les urgences... (Ivanoh Demers, Archives La Presse)

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Ça fait des années qu'on sait que les urgences et les étages des hôpitaux sont encombrés par des patients qui attendent qu'une place se libère dans les CHSLD bondés de la région.

Ivanoh Demers, Archives La Presse

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CHRONIQUE / Êtes-vous surpris?

Il manque tellement de place pour parquer tous les malades à l'hôpital de Hull qu'on les entasse maintenant à deux dans des chambres conçues pour accueillir une seule personne.

Apparemment, on en est rendu là, nous apprenait cette semaine ma collègue Justine Mercier. À tasser des patients à deux dans des chambres solos avec tout ce que ça implique de promiscuité, de bric-à-brac et de fils qui pendent entre les lits.

On peut être dépité, voire désillusionné face à cette situation. Mais surpris? Alors ça, non.

Ça fait des années qu'on sait que les urgences et les étages des hôpitaux sont encombrés par des patients qui attendent qu'une place se libère dans les CHSLD bondés de la région.

Le problème n'est pas nouveau. Il a seulement continué à prendre de l'ampleur avec la population qui vieillit et la démographie galopante de Gatineau. 

Aux dernières nouvelles, la liste d'attente pour obtenir une place en CHSLD à Gatineau comptait près d'une centaine de noms. Il ne s'est pas construit de nouvelles places depuis au moins 2010. Pas étonnant que dans l'intervalle, les hôpitaux soient devenus une immense salle d'attente pour places en CHSLD...

Oui, il y a de quoi se désoler de l'inaction des gouvernements. Particulièrement des libéraux qui promettaient de régler les problèmes en santé en 2003 et qui ont exercé le pouvoir presque sans interruption depuis. Personne ne peut dire qu'on n'avait pas vu ça venir. Y a-t-il quelque chose de plus facilement prévisible que le vieillissement de la population?

On savait qu'on se dirigeait droit vers un mur à l'époque où nos vieux arrivaient encore sur deux pattes au CHSLD. Certains se présentaient même au volant de leur voiture. C'est dire s'ils étaient en forme!

De nos jours, les gens arrivent au CHSLD tellement mal en point que la majorité n'y survivra pas deux ans.

Tant mieux, diront les plus cyniques. Dans nos hôpitaux, y'en a des dizaines qui attendent que des lits se libèrent dans les CHSLD...

***

Pourtant, quand on y pense, c'est complètement débile de garder autant de patients en attente d'une place dans les unités de soins aigus de nos hôpitaux. Surtout quand on sait qu'un lit de soins aigus coûte au moins trois fois plus cher qu'un lit de CHSLD.

Tiens cette semaine, 53 patients en attente d'une place dans un CHSLD se trouvaient dans les hôpitaux de Gatineau et de Hull. Est-ce que ces patients ont besoin de toute l'armada médicale qui vient avec les unités de soins aigus? Non.

Certains hôpitaux ontariens ont fermé des lits de soins aigus pour créer de nouveaux lits de soins de longue durée. Avec un ratio d'un lit fermé pour trois lits créés, ça peut être une solution intéressante pour rattraper rapidement un retard.

Mais dans les hôpitaux de Gatineau, c'est une solution qui apparaît difficilement envisageable. D'abord parce que ce serait un véritable casse-tête de réorganiser les unités de soins en conséquence. Ensuite, parce que ce ne serait pas nécessairement une bonne idée de couper des lits de soins aigus dont on a cruellement besoin.

Que reste-t-il comme solution?

Il reste à investir davantage dans les services de maintien à domicile, ce que le gouvernement de Philippe Couillard a commencé à faire. Pour le reste, il n'y aura pas de miracles. Ça va passer par des investissements dans de nouvelles places en CHSLD.

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