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À l'origine du fiasco Phénix, il y a... (Ron Ward, Archives PC)

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À l'origine du fiasco Phénix, il y a cette décision douteuse des conservateurs de couper 700 postes d'agents de rémunération et de transférer le centre de paie fédéral d'Ottawa à Miramichi.

Ron Ward, Archives PC

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CHRONIQUE / Je n'ai pas la berlue? C'est bien Steven Blaney qui critique le gouvernement Trudeau pour les déboires du système de paie Phénix?

Le député conservateur était tout feu tout flamme en commission parlementaire lundi. Pourtant, il devrait se garder une petite gêne avant de critiquer les libéraux.

Si «ça va pas bien à la shop», comme le dit M. Blaney, c'est un peu, beaucoup à cause des décisions prises par l'ancien gouvernement Harper dont il faisait partie.

Parce qu'à l'origine du fiasco Phénix, il y a cette décision douteuse des conservateurs de couper 700 postes d'agents de rémunération et de transférer le centre de paie fédéral d'Ottawa à Miramichi.

Cette mesure devait faire économiser des millions au fédéral, tout en permettant à l'ancien gouvernement conservateur de faire plaisir à ses électeurs de l'est du pays. Or jusqu'ici, Phénix a plutôt coûté la bagatelle de 50 millions supplémentaires aux contribuables canadiens et le compteur continue de tourner...

Maintenant, c'est de bonne guerre, les conservateurs essaient de déplacer une partie du blâme sur les épaules de la ministre des Services publics et de l'Approvisionnement, Judy Foote.

On accuse la ministre d'avoir précipité le déploiement du système Phénix, le printemps dernier, malgré les appels de phare lancés par les syndicats.

C'est vrai que la ministre Foote n'est pas très convaincante quand elle se cache derrière les avis qu'elle dit avoir reçus. Des directives émises par qui, au juste? Elle refuse de le dire.

Il faudra sans doute attendre le rapport du vérificateur général du Canada pour avoir des explications convaincantes sur les déboires de Phénix.

En attendant, je ne me sentirais pas trop rassuré à la place des 67 500 fonctionnaires qui éprouvent toujours des problèmes avec leur paie aujourd'hui.

Le ministère de Mme Foote disait lundi que les problèmes seraient réglés d'ici la fin octobre. Or dès le lendemain matin, mardi, on apprenait que le système Phénix était paralysé dans tous les ministères...

Quand ça va mal, ça va mal. Et ce gouvernement, qui devrait être un employeur modèle, est en train de devenir la risée.

***

Une anecdote pour vous dire comment cette saga fait mal à la réputation du plus gros employeur au Canada.

Un jeune avocat du gouvernement fédéral m'a contacté mardi sous le couvert de l'anonymat. Lui aussi est en proie à toutes sortes d'ennuis en lien avec le système Phénix.

Il a calculé que le fédéral lui doit environ 3000$. Rien pour le mettre à la rue. Mais sa carte de crédit est pleine à craquer. Il a dû emprunter de l'argent et il craint pour sa cote de crédit.

Mais le plus frustrant, c'est le sentiment d'impuissance qu'il ressent face à une grosse machine impersonnelle.

Quand il appelle à Miramichi pour demander des explications sur sa paie, on ne prend même pas la peine de rappeler. Quand il a fini par parler à quelqu'un, une semaine plus tard, c'est pour se faire dire que son cas n'est pas jugé prioritaire...

Le comble: même si le gouvernement lui doit 3000$, la paie a eu le culot de retenir un montant sur ses deux derniers chèques, en raison d'un «trop payé» qu'il ne comprend pas...

L'ironie suprême?

Cet avocat représente les intérêts du fédéral quand des contribuables contestent les montants qu'ils doivent à l'impôt. C'est lui qui veille à ce que vous payez jusqu'à la dernière cenne d'impôt que vous devez au gouvernement.

Le même gouvernement qui ne rappelle pas quand il y a une erreur monumentale sur votre paie.

Attendez votre tour, monsieur, vous n'êtes pas une priorité.

Frustrant, vous dites?

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