Karaokés kafkaïens

C'est au Service de police de la Ville... (Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit)

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C'est au Service de police de la Ville de Gatineau qu'incombe la responsabilité d'assurer qu'aucun karaoké illégal ne se déroule sur le territoire gatinois.

Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit

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CHRONIQUE / Des policiers qui débarquent à l'improviste dans les bars de Gatineau pour faire fermer... les machines à karaoké. Non, mais on se croirait à l'époque de la prohibition ! À quand le retour d'Eliot Ness ?

Par la plume de mon collègue Mathieu Bélanger, on apprend que Gatineau, comme d'autres villes, exige des permis pour organiser des karaokés. Fort bien.

Sauf que des bars, malgré leur insistance, n'arrivent pas à obtenir le permis requis... en raison de l'obstruction de la Ville. Cherchez l'erreur ! On se croirait dans un roman de Kafka, un auteur qui se plaisait à décrire les dérives de la bureaucratie.

Est-ce qu'on peut se déconstiper un peu à Gatineau ? Ça dérange qui, qu'un bar organise des karaokés ? Les honnêtes citoyens devraient avoir le droit d'aller chanter faux, quand bon leur chante, au débit du coin...

À la décharge de la Ville de Gatineau, elle semblait plus ou moins tolérer l'organisation des karaokés sur son territoire. C'est tout à son honneur. Mais apparemment, une plainte logée par un tenancier a suffi à déclencher une chasse aux sorcières.

On parle beaucoup ces jours-ci de la complexité du règlement sur les permis d'affaires à Gatineau. De toute évidence, ce n'est pas le seul endroit où un ménage s'impose.

L'ex-ville de Hull a souffert de la mauvaise réputation de la promenade du Portage pendant des années. On a fait le ménage des bars dans la douleur. Depuis, on craint le retour des années sombres, des bagarres, des opérations policières... Avec raison.

Mais c'est comme si on était tombé dans l'autre extrême. Qu'on souffrait d'un syndrome post-traumatique collectif. Il faut sortir de cette paranoïa. Si Gatineau veut se départir de sa réputation de ville-dortoir, elle doit laisser les gens s'amuser un peu.

•••

Ne me dites pas que la saga Guertin tire à sa fin... J'ai peine à y croire.

D'après les informations qui ont filtré des discussions, c'est désormais le site de la Cité, dans le secteur Gatineau, qui serait en avance pour accueillir le futur aréna. On en saura plus dans les prochains jours, au terme de cette rencontre à huis clos du conseil municipal de lundi.

Mais si le futur aréna des Olympiques s'établissait près du centre sportif, on commencerait à avoir une concentration intéressante d'activités à cet endroit.

On y trouve déjà la Maison de la culture, le CLSC, le cégep de l'Outaouais, des édifices fédéraux, des restaurants, un cinéma... Tout ça dans un secteur desservi par le Rapibus.

L'ex-conseiller Yvon Boucher parlait souvent du centre-ville de l'ancienne ville de Gatineau comme d'un succès. Comparé au souffreteux centre-ville de Hull, c'est vrai qu'il se développe à toute vitesse. C'est normal dans la mesure où il est plus facile de développer des terrains vierges que de revitaliser un secteur construit comme l'Île-de-Hull.

Mais est-ce que le centre-ville de l'ex-Gatineau est un succès ? Non, à moins de se baser sur les critères des années 1970 qui laissaient toute la place à l'auto et pas du tout au vélo et au piéton. Or, c'est une époque révolue. Comme dirait Justin Trudeau, on est en 2016.

N'empêche que dans le secteur de la Cité, il me semble qu'on est sur le point d'arriver à quelque chose d'intéressant. Il y a du monde dans le secteur, et de plus en plus d'activités divertissantes. Le nouveau Guertin serait un ajout intéressant. Qui sait, il y a peut-être là le potentiel pour reproduire le succès du nouveau parc Lansdowne, à Ottawa.

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