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Guy Laurin n'en revient pas d'être encore en... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Guy Laurin n'en revient pas d'être encore en vie après avoir été happé par une camionnette alors qu'il circulait à vélo. « Quand j'ai été propulsé dans les airs, je me suis dit : ça y est, mon heure est venue... »

Etienne Ranger, LeDroit

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CHRONIQUE / Un de mes amis, Guy Laurin, a vu la mort de près. Il s'est fait frapper par une camionnette alors qu'il roulait en vélo sur une route tranquille, près de Wakefield. Le conducteur l'a frappé de plein fouet avant de prendre la fuite comme un lâche.

D'abord, vous dire que mon pote de squash s'en tire avec des blessures sans gravité.

Des contusions, de grosses éraflures... Des pansements un peu partout, mais rien de grave. Un miracle ! Il n'en revient pas d'être encore en vie. La violence de l'impact lui a valu un long vol plané, suivi d'une lourde chute sur l'asphalte. « Quand j'ai été propulsé dans les airs, je me suis dit : ça y est, mon heure est venue... » me racontait-il jeudi, encore sous le choc.

Guy est convaincu que l'autre textait au volant.

Sinon, comment expliquer qu'il n'ait rien fait pour l'éviter ? Pas un coup de klaxon, pas même un coup de frein de dernière minute. La camionnette ne l'a pas seulement effleuré, elle lui a foncé dedans solide, par derrière, avec le milieu du capot. Pourtant, faisait clair, faisait beau, pas de pluie, pas de neige, la route était droite et bien dégagée... « Je roulais à environ un pied de l'accotement. Je n'ai rien entendu venir. La première chose que j'ai sentie, c'est le choc », raconte Guy.

L'autre gars était peut-être saoul ? Guy n'y croit pas. « Un gars chaud n'est pas aveugle, il a les facultés affaiblies. Alors qu'un gars qui texte, il n'a plus de facultés du tout. Il ne voit plus rien ! »

T'es pas en crisse contre l'autre gars ? Il t'a laissé là. T'aurais pu être à l'agonie, à l'article de la mort. Il a fui. C'est pas enrageant ?

« C'est la réaction que tout le monde a. Moi, ce qui m'obsède, c'est de savoir pourquoi il m'a rentré dedans. Comment ça se fait qu'il ne m'a pas vu ? Je te le dis, si je pouvais lui parler, je lui signerais une décharge juste pour qu'il me dise comment il a pu me frapper. »

Alors voilà, le chauffard est toujours en cavale. Si ce n'était des bons samaritains qui l'ont ramassé sur le bord du chemin des Érables, non loin d'Alcove, qui sait ce qu'il serait advenu de Guy ?

Jusqu'à maintenant, il avait été chanceux avec les accidents. Surtout qu'il passe beaucoup de temps à rouler. Cet été, il avait accumulé 6670 km au compteur. Pas mal pour un gars de 56 ans. Il pédale au Québec, mais il a aussi fait des voyages en Arizona, en Virginie, à Majorque. Avec toujours cette petite pensée présente à l'esprit : un accident est si vite arrivé.

« Sais-tu ce qui me sidère ? reprend Guy. À supposer que le gars textait, c'est la légèreté du geste. C'était plus important de texter que de faire attention à ce qui se passait sur la route. Ça a failli me coûter la vie. »

Trop souvent, les gens qui se font frapper ne sont plus là pour en parler ensuite. Guy a des idées pour améliorer la sécurité. À Tremblant, dit-il, ils ont désigné des tracés routiers pour les cyclistes. Avec des accotements et une signalisation rappelant la distance de 1,5 m à respecter. Il pense qu'on devrait s'en inspirer en Outaouais. 

Guy est retourné sur les lieux de la collision jeudi. Il a remarqué la présence d'un cimetière juste à côté...

« Alors le goût du vélo, je l'ai un peu perdu pour l'instant. Peut-être que je devais me convertir à la pétanque ou au tennis », a-t-il soupiré.

À la pétanque ? Tu me rassures, Guy. Ton sens de l'humour est demeuré intact.

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