La baronne de Fort-Coulonge

Selon Jane Toller, seule la fusion des 18... (Patrick Duquette, LeDroit)

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Selon Jane Toller, seule la fusion des 18 municipalités du Pontiac redonnerait à la région son pouvoir politique et sa force économique d'antan.

Patrick Duquette, LeDroit

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CHRONIQUE / Qui sait si Jane Toller ne deviendra pas un jour la nouvelle baronne de Fort-Coulonge? Après tout, elle a de qui tenir.

La blonde sexagénaire est une descendante directe des Bryson, d'influents magnats du bois qui régnaient à la glorieuse époque où le Pontiac fournissait tout le Québec en pin équarri.

Après une carrière en politique municipale à Toronto - elle a même brigué la mairie en 2006 -, Mme Toller a acheté un manoir ancestral appartenant à sa famille à Fort-Coulonge: le Spruceholme Inn.

Elle a investi temps et argent pour en faire une coquette auberge de 21 chambres assortie d'un vaste centre de conférence. L'endroit peut accueillir plus de 400 personnes, ce qui est énorme pour Fort-Coulonge...

Dans un Pontiac qui cherche désespérément à se sortir de la pauvreté depuis le déclin tragique de l'industrie du bois, l'arrivée de Jane Toller est un cadeau inespéré pour les politiciens.

Les projets de la riche femme d'affaires, qui a investi une fortune dans la relance de son auberge, cadrent parfaitement avec l'idée de relancer l'économie défaillante du Pontiac grâce au tourisme.

C'est dire, Mme Toller est même devenue présidente de Tourisme Pontiac...

Je l'ai rencontrée dans le salon du Spruceholme Inn. Un petit bout de femme avec un regard bleu acéré et l'air décidé de quelqu'un qui sait où elle va. Et qui n'a pas oublié d'où elle venait.

Toute l'auberge Spruceholme est conçue comme une sorte d'hommage à l'héritage des Bryson. Des meubles d'époque aux vieilles photos, tout est là pour rappeler leur influence déterminante sur l'histoire du Pontiac.

Les Bryson ont amené le chemin de fer dans la région et même fondé une banque. Leurs tentacules s'étendaient jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir à Québec. Pendant 70 ans, les Bryson ont eu un représentant de la famille au conseil législatif, une sorte de sénat québécois qui a été aboli par la suite. 

«Tant qu'on a eu un siège à Québec, le Pontiac était l'une des régions les plus riches du Canada. Après la mort de George Bryson fils en 1937, on a perdu notre siège. Personne n'a pris la relève. Nous avons perdu notre voix à Québec et nous en payons encore le prix aujourd'hui», dit-elle.

À ses yeux, seule la fusion des 18 municipalités du Pontiac redonnerait à la région son pouvoir politique et sa force économique d'antan.

«Présentement, on a 18 maires avec des petits pots d'argent. On serait mieux d'avoir un gros pot d'argent pour tout le monde et une vision d'ensemble qui nous permettrait de choisir les meilleurs projets pour la région», dit-elle.

Mme Toller parle de tenir un référendum. Et d'une fusion qui devrait nécessairement être imposée par Québec. Une fusion forcée, donc?

Pas sûr que le contexte soit favorable. J'ai failli lui rappeler que ce sont des libéraux qui sont au pouvoir à Québec. Les mêmes libéraux qui s'opposaient aux «fusions forcées» des péquistes en 2002...

Mais de toute évidence, Jane Toller est toujours habitée par la politique. Et à l'entendre parler, elle n'a pas fait une croix là-dessus.

Dites-moi, vous envisagez un retour dans l'arène?

Elle m'a servi une réponse de... politicienne: «Ce n'est pas mon plan pour l'instant. Si on m'approche en ce sens-là, je vais le considérer sérieusement. Je pense que le fait que j'arrive de l'extérieur me donne du recul pour poser un regard rafraîchissant sur la région.»

D'accord, ce n'est pas un oui clair. Mais ça y ressemble en ta...

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