En attendant le but gagnant

Dans son mémoire soumis au ministère de la... (Martin Roy, LeDroit)

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Dans son mémoire soumis au ministère de la Culture, Gatineau réclame plus de pouvoirs et, bien sûr, les sous qui viennent avec. Évidemment.

Martin Roy, LeDroit

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CHRONIQUE / Il y a des régions qui portent des projets et d'autres qui attendent après le gouvernement avant de faire quoi que ce soit...

Le mémoire transmis par la Ville de Gatineau au ministère de la Culture est tellement typique de cette seconde manière de voir les choses.

Gatineau y réclame plus de pouvoirs en culture et, bien sûr, les sous qui viennent avec. Amenez-en de l'argent, on va vous en construire des bibliothèques publiques, un musée d'histoire régionale, un centre interculturel. Ou comme l'a claironné le maire Maxime Pedneaud-Jobin en conférence de presse: «Donnez-nous la puck et on va en compter des buts!»

Bien oui.

Pour rappel, Québec a passé la puck à Gatineau dans le dossier du centre multifonctionnel. Une subvention de 26,5 millions pour la construction d'un nouveau Guertin. Or l'amphithéâtre n'est pas prêt de voir le jour. On attend encore le but gagnant!

Cela dit, ne vous méprenez pas, je suis tout à fait pour ça, de nouvelles bibliothèques, un musée, des résidences d'artistes et la protection du patrimoine. Cent pour cent d'accord!

Je suis aussi d'accord avec le constat du mémoire.

C'est l'évidence, Gatineau a de la misère à se doter d'une personnalité qui la distingue des autres villes du Québec et du Canada. Bien qu'en cela, elle ne diffère pas de Laval ou Longueuil, des villes qui cherchent elles aussi à briller hors de l'ombre d'une métropole.

Non, c'est surtout le ton qui m'énerve. Ce vieux refrain de l'Outaouais, grande région oubliée du Québec. Allez, sortez les violons qu'on pleure tous ensemble un grand coup. Pôvres, pôvres de nous!

Il y a des régions qui n'attendent pas après le gouvernement pour se mobiliser. Au lieu d'espérer qu'on leur refile la rondelle, elles vont la chercher dans le coin!

Mais bon, en Outaouais, il y a comme une mentalité, peut-être liée à la présence de la fonction publique fédérale. On est plus frileux. On fonctionne selon les règles. On remplit des formulaires et des grilles d'évaluation.

Alors oui, cette idée de miser sur les artistes et les créateurs pour mieux se distinguer a du bon. La mission d'un artiste, c'est de remettre les choses en question, de bousculer les règles, de déranger, de ruer dans les brancards au besoin... Des choses qu'on n'aime pas trop à Gatineau où des gens se plaignent quand les jeunes font trop de bruit en jouant au basket dans la rue.

Mais si on veut miser sur les artistes, sur les innovateurs, il faudra commencer par leur laisser de la place pour s'exprimer. À Gatineau, les idées qui sortent de la norme se butent souvent à une bureaucratie tatillonne. Le commerçant qui ose une affiche ou une décoration hors norme se fait vite taper sur les doigts. Les camions de bouffe ambulants font un malheur dans les grandes villes, mais ici, ils sont bannis du centre-ville.

Si Gatineau veut se distinguer des autres villes, elle devra se désencarcaner un peu. Quitte à prendre des risques.

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