Le mirage du vélo

Vélo Québec a adopté une définition très «inclusive»... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Vélo Québec a adopté une définition très «inclusive» du titre de cycliste, estime notre chroniqueur.

Etienne Ranger, LeDroit

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CHRONIQUE / J'ai manqué quelque chose, ou quoi?

D'après Vélo Québec, plus de la moitié des Gatinois font du vélo. Plus de la moitié! Il ne me revient pourtant pas qu'on ait récemment signalé un embouteillage de cyclistes sur Gréber...

Bien sûr qu'il se fait de bonnes choses pour mousser la pratique du vélo à Gatineau ces dernières années. De très bonnes choses.

On sent une impulsion pour redonner du lustre au réseau cyclable. Gatineau investit plus d'argent qu'avant et on inclut d'avance l'aménagement des sentiers dans les nouveaux quartiers.

On complète aussi peu à peu les tronçons manquants sur les circuits existants. D'ailleurs, il paraît que la nouvelle piste cyclable sur Jacques-Cartier est magnifique.

Mais parlez à vos amis cyclistes. Ils vous diront qu'on est encore loin du compte. Surtout ceux qui prennent leur bécane, matin et soir, pour faire l'aller-retour jusqu'au bureau.

Ils vous jaseront du mauvais état de certains sentiers ou du fait que bien des tronçons ne sont pas encore interconnectés entre eux.

Certains vous raconteront la fois où ils ont failli se faire tuer en roulant sur Saint-Joseph ou, puisqu'on en parle, sur le boulevard Gréber.

Ceux-là, quand ils entendent Vélo Québec affirmer que Gatineau compterait 151 000 cyclistes de tous âges, soit 54% de la population, ils pensent: c'est du délire...

Et sans vouloir condamner l'entièreté du rapport de Vélo Québec, il me semble que l'organisme a adopté une définition pour le moins «inclusive» du titre de cycliste.

Pour être considéré comme un cycliste par Vélo Québec, il suffisait de répondre oui à la question suivante de leur sondage: avez-vous fait du vélo au cours de la dernière année?

Autrement dit, on a mis dans le même paquet le monsieur qui a pris une fois son vélo dans les 12 derniers mois pour aller s'acheter du lait au dépanneur et le retraité qui roule 3000 kilomètres durant son été...

***

C'est la Ville de Gatineau elle-même qui a attiré l'attention de la presse locale sur l'état de situation 2015 dressé par Vélo Québec. Sans doute a-t-on voulu profiter d'une période creuse de l'été pour faire la promotion du vélo et souligner les efforts accomplis en ce domaine.

Du côté des relations publiques, c'est mission réussie.

Maintenant, le rapport de Vélo Québec nous en dit très peu sur les progrès réellement accomplis sur le terrain pour augmenter la part modale du vélo. Autrement dit, est-ce que les efforts consentis jusqu'à maintenant ont convaincu davantage de Gatinois de délaisser la voiture pour se déplacer en vélo vers le boulot ou l'école?

Là-dessus, les rapports de Vélo Québec ne permettent pas de se faire une idée claire. L'état de situation en 2015 parle de 23 000 adultes de Gatineau qui pédalent à des fins de transport une fois par semaine. Le précédent, qui date de 2010, indiquait que 30 000 Gatinois utilisaient le vélo comme moyen de déplacement, sans préciser à quelle fréquence. Ce serait intéressant de pouvoir mesurer les progrès accomplis à ce chapitre.

J'espère que Gatineau deviendra un jour la capitale du vélo au Québec. C'est un projet emballant pour une ville qui se cherche une identité propre. Tout le monde en profiterait. Ça diminuerait la pollution et il y aurait moins de congestion sur les routes. De toute manière, le jour où ce sera en voie de se faire, ce ne sont pas des statistiques gonflées qui nous le diront. Ce jour-là, il sera simplement devenu évident pour tout le monde que se déplacer en bicyclette est plus pratique, agréable et économique que prendre sa voiture.

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