Une lueur au bout du tunnel

CHRONIQUE / De tous les plans de relance du train touristique... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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Etienne Ranger, Archives LeDroit

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CHRONIQUE / De tous les plans de relance du train touristique Hull-Wakefield dont on parle depuis 5 ans, c'est le premier qui me semble avoir une chance raisonnable de réussir.

Si vous avez suivi le dossier de loin, vous avez sûrement perdu le fil entre tous les scénarios proposés depuis l'arrêt du train en juin 2011.

Disons que depuis qu'on a abandonné l'idée de faire rouler le train à vapeur entre Masson-Angers et Montebello, l'automne dernier, on avait l'impression que c'était terminé. Le temps était venu de dire adieu à la locomotive 909 qui allait se trouver du boulot ailleurs ou finir ses jours chez le ferrailleur...

On avait vraiment tout essayé. Et il était devenu clair que sans l'intervention providentielle d'un investisseur privé, prêt à mettre de l'argent dans un projet de relance, l'Outaouais allait devoir faire une croix sur le petit train qui l'a mis sur la carte touristique. Or, juste au moment où l'on n'y croit plus, un investisseur sort de l'ombre. Et le monsieur en question, un homme d'affaires du Colorado, m'inspire confiance.

D'abord, parce que Matt Armitage a de l'argent, nous dit-on. Et contrairement à un autre groupe d'investisseurs qui veut déménager le train dans la région du Niagara, il est prêt à investir pour le garder en Outaouais. L'homme d'affaires, qui possède la double nationalité, compte même s'établir dans la région si ses projets aboutissent.

L'autre aspect de l'affaire qui m'inspire confiance, c'est que M. Armitage connaît les trains. Il sait les conduire, il sait les réparer. Oui, il a flairé une bonne occasion d'affaires en Outaouais. Mais on sent aussi qu'il tripe vraiment sur les vieux trains. Il s'est impliqué dans des projets de restauration dans son patelin, et de manière bénévole.

***

Maintenant, M. Armitage n'a pas voulu répondre à la question qui tue: combien d'argent est-il prêt à mettre sur la table? Son refus de répondre se comprend dans la mesure où il veut se garder une marge de manoeuvre pour les négos à venir.

La relance du train se ferait par un partenariat public-privé, une formule qui n'a pas très bonne presse ces dernières années au Québec. Mais comme toujours dans ce genre d'entente, la question est d'en arriver à un partage équitable des risques entre les parties. Faudra voir s'il est possible d'y parvenir.

Dans ce cas-ci, on comprend que M. Armitage assumerait les risques liés à l'achat et à l'entretien du train, de même qu'à la gestion de l'entreprise touristique qui gérerait les voyages entre Chelsea et Wakefield.

Et des risques, il y en aura.

Après cinq ans d'inactivité, l'entreprise ne repartira pas à fond de train... M. Armitage doit s'attendre à quelques années de vaches maigres avant de connaître la rentabilité.

Par contre, ce sont des fonds publics qui financeraient la nouvelle gare de Chelsea, une dépense évaluée à 600 000$. C'est un peu normal que l'argent vienne du public dans la mesure où la voie ferrée demeurerait de propriété publique.

***

La grande question, c'est de savoir si la municipalité de Chelsea acceptera de louer sa portion de la voie de chemin de fer à l'homme d'affaires américain.

C'est une condition sine qua non de M. Armitage.

Or, Chelsea avait fait une croix sur la relance du train. Elle étudiait plutôt la possibilité de transformer les rails en sentier récréatif. Est-ce qu'un retour en arrière est possible à si brève échéance?

La présidente de la Compagnie de chemin de fer de l'Outaouais (CCFO), Louise Boudrias, met un maximum de pression en exigeant une réponse dans les plus brefs délais. La manoeuvre est habile: le succès de la relance semble dépendre non plus de la CCFO, mais de la mairesse Caryl Green et de son conseil municipal de Chelsea.

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