Ottawa, U.S.A.?

Que se passe-t-il dans la capitale fédérale? Est-ce... (Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit)

Agrandir

Que se passe-t-il dans la capitale fédérale? Est-ce que le climat de tension raciale qui empoisonne l'atmosphère chez nos voisins du Sud a gagné le Canada?

Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

CHRONIQUE / Un Noir, apparemment non armé, meurt quelques heures après avoir été poursuivi, puis sévèrement battu par des policiers au cours d'une intervention musclée.

Voilà une histoire qui serait banale si elle s'était déroulée quelque part aux États-Unis. Mais ça s'est passé dans la paisible Ottawa, une ville généralement reconnue pour sa tolérance et son ouverture à la différence.

Que se passe-t-il dans la capitale fédérale? Est-ce que le climat de tension raciale qui empoisonne l'atmosphère chez nos voisins du Sud a gagné le Canada via les médias sociaux?

Pour certains organismes, de même que pour des témoins de l'intervention musclée qui a coûté la vie à Abdirahman Abdi dans le quartier Hintonburg, la réponse est... oui.

À leurs yeux, il s'est passé quelque chose dimanche matin qui s'apparente à du racisme de la part des policiers, même s'ils ne le disent pas aussi crûment.

«Je suis triste de dire que je ne suis pas surprise. C'est aussi pour montrer à tout le monde que oui, des choses comme ça arrivent au Canada», a déclaré Leila Moumouni-Tchouassi, porte-parole de la coalition Ottawa Black Diaspora, à Radio-Canada.

***

Même si les apparences sont troublantes, je pense qu'il faut à tout prix éviter les conclusions hâtives. Oui, il y a un tas de questions pertinentes à poser quand une opération tourne aussi mal que celle-là.

Comment justifier l'utilisation d'une telle force de la part des policiers alors que l'homme qu'ils voulaient maîtriser n'était apparemment pas armé et ne semblait pas présenter un danger immédiat? Est-ce que les policiers détenaient des informations inconnues du grand public qui justifiaient un tel usage de la force?

L'Unité des enquêtes spéciales de l'Ontario (UESO) devra faire la lumière là-dessus. 

De là à présumer que l'intervention policière était teintée de racisme, comme l'ont suggéré des témoins au Ottawa Citizen, il est trop tôt pour le dire. Pour l'instant, ce sont les problèmes de santé mentale dont souffrait M. Abdi qui semblent avoir été sous-estimés par les forces de l'ordre.

Aucun doute, la mort de M. Abdi met la police d'Ottawa dans une situation délicate. Qu'on le veuille ou non, on fera le parallèle avec les récentes bavures policières aux États-Unis qui ont débouché sur des fusillades ciblant des policiers à Dallas et Baton Rouge.

Pas pour rien que le chef de la police d'Ottawa, Charles Bordeleau, insistait sur l'importance de renouer le dialogue avec les communautés immigrantes affectées par le drame. Un bon réflexe de sa part. Sauf que la tâche risque de s'avérer frustrante dans la mesure où la police est tenue au silence d'ici à ce que l'UESO ait terminé son travail. Pas facile de regagner la confiance des gens quand tu ne peux rien dire pour les rassurer!

Dans ce contexte émotif et saturé d'informations contradictoires, le conseiller municipal de Kitchissipi, Jeff Leiper, a demandé avec raison aux gens de ne pas sauter trop vite aux conclusions.

Un rappel utile à l'heure où les médias sociaux permettent à tout un chacun d'y aller de sa théorie du complot. Il vaut mieux connaître l'ensemble des faits avant de porter un jugement définitif. Il sera toujours temps de s'insurger s'il s'avère que du racisme était en cause.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer