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CHRONIQUE / Des fonctionnaires fédéraux qui attendent des semaines, voire des mois avant de recevoir leur paie, c'est inacceptable dans un pays comme le nôtre.

Il était à peu près temps que le gouvernement fédéral réagisse vigoureusement face aux ratés de son nouveau système de paie.

Les histoires d'horreur associées au système Phénix, qui a coûté la bagatelle de 300 millions aux contribuables, font la manchette depuis des mois.

C'est une aberration qu'on en soit rendu là dans une société moderne comme le Canada.

S'il y a un domaine dans lequel l'État ne devrait pas lésiner, c'est bien son système de paie.

Le plus gros employeur au pays se doit de donner l'exemple et d'être irréprochable en cette matière.

C'est une obligation légale, mais aussi une question de respect pour les fonctionnaires.

Le nouveau système Phénix, qui avait pourtant été testé en profondeur avant son implantation, semble incapable de traiter les demandes spéciales ou complexes.

On rapporte que des employés ne reçoivent pas leurs heures supplémentaires ou leurs relevés de paie. Beaucoup sont carrément privés de salaire avec tous les ennuis personnels et financiers que cela implique...

Quand un syndicat de la fonction publique en vient à proposer des prêts allant jusqu'à 5000 $ à des membres qui n'arrivent pas à toucher leurs salaires, c'est que l'heure est grave.

***

Bien sûr que l'ancien régime conservateur est à blâmer pour les déboires de Phénix. Ils ont mal planifié la transition et sous-estimer les difficultés au moment d'en faire l'annonce en 2009.

Le nouveau système de paie devait réaliser plus de 700 000 transactions par mois et dégager des économies annuelles de 70 millions à compter de cette année. Mais c'est à se demander si ces belles prédictions se réaliseront.

Dans son obsession à renouer au plus vite avec le déficit zéro, l'ancien gouvernement Harper s'était empressé de montrer la porte à des centaines d'agents de rémunération.

Or voilà qu'on est contraint d'en réembaucher un grand nombre aujourd'hui pour répondre aux plaintes et pallier les déboires du système de paie. 

À la toute fin, que restera-t-il des économies initialement prévues ?

***

Quant au gouvernement libéral, il ne peut pas entièrement imputer les déboires du Phénix à son prédécesseur.

Malgré les appels pressants des syndicats de la fonction publique, il a d'abord minimisé les nombreux problèmes.

La ministre des Services publics et de l'Approvisionnement, Judy Foote, a mis du temps avant de déclarer la situation «inacceptable».

Il a fallu que les syndicats déposent un recours juridique devant la Cour fédérale, plus tôt cette semaine, pour que le gouvernement Trudeau réagisse enfin avec vigueur pour remplir ses obligations légales.

La ministre Foote a annoncé l'ouverture d'un bureau de rémunération satellite à Gatineau. C'est une lueur d'espoir à l'horizon pour les centaines de fonctionnaires fédéraux qui attendent leur paie depuis des semaines.

L'ironie, ce serait qu'après avoir dépensé des centaines de millions en modernisation, on en soit réduit à signer des chèques à la main, comme jadis.

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