Dans l'ombre de P.K. et Donald Trump

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Pendant qu'Obama, Trudeau et Pena Nieto s'entendaient pour renforcer les liens entre leurs pays, Trump menaçait de renégocier l'ALÉNA à ses conditions s'il est élu président l'automne prochain

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CHRONIQUE/ J'écoutais le président américain Barack Obama s'exprimer sur la rencontre des trois amigos à Ottawa quand un breaking news est apparu au bas de l'écran : P.K. Subban échangé à Nashville. Quoi, le Canadien de Montréal échange son meilleur joueur pour régler ses problèmes ? Bergevin n'a rien trouvé de mieux comme solution ?

Branle-bas de combat dans la salle des nouvelles du Droit. Tout d'un coup, le sommet des trois leaders nord-américains qui se déroulait dans notre cour, à Ottawa, semblait bien loin. Non, mais y a-t-il quelque chose de plus important que le hockey dans la vie ?

Allez, je blague. N'empêche qu'après une journée complète à écouter les discours des chefs d'État et à essayer de saisir les enjeux complexes liés au traité de libre-échange nord-américain, il y avait quelque chose de reposant à discuter d'un échange au hockey.

Comme je ne suis plus les activités de la LNH depuis belle lurette, un collègue m'a expliqué que Subban prenait trop de place dans le vestiaire, que le Canadien devait échanger son gros contrat avant le 1er juillet, et que Shea Weber, le défenseur qui s'amène à Montréal, est très bon lui aussi, quoiqu'un peu plus vieux. Merci, j'ai tout compris. En tout cas, assez pour appeler Ron Fournier et jouer au gérant d'estrade.

C'est si simple le hockey.

Presque aussi simple que les discours électoraux de Donald Trump, tiens. Parce qu'il n'y a pas que l'échange de P. K. Subban qui a éclipsé le sommet des trois amigos à Ottawa. Le fantôme de Donald Trump flottait en permanence autour des trois leaders nord-américains réunis pour l'occasion.

Pendant qu'Obama, Trudeau et Pena Nieto s'entendaient pour renforcer les liens entre leurs pays, Trump menaçait de renégocier l'ALÉNA à ses conditions s'il est élu président l'automne prochain. C'est tout juste si Trump n'a pas dit que les États-Unis se faisaient passer un sapin par le Canada et le Mexique avec ce traité de libre-échange. Le « pire de l'histoire américaine », a vociféré le candidat républicain...

Comme chaque fois que Trump, ou Marine Le Pen en France, se laisse aller à la démagogie la plus crasse pour satisfaire leurs visées électoralistes, j'ai envie de me boucher les oreilles. Pu capable...

Mais je ne devrais pas.

Les leaders populistes d'Europe et d'Amérique ont peut-être été les premiers à comprendre le ras-le-bol d'une partie de la population à l'endroit de la mondialisation. La classe moyenne, qui s'effrite dans le monde occidental, a de plus en plus l'impression que ces grands traités de libre-échange profitent surtout au 1 % des plus riches.

Les gens se méfient des élites, des banquiers, des journalistes... Une affaire comme les Panama Papers et les paradis fiscaux ne fait qu'alimenter leurs soupçons. Au bout du compte, c'est le consensus autour de l'économie de marché telle qu'on la connaît qui est remis en question.

Les traités de libre-échange internationaux sont devenus d'une complexité sans nom. Pour les négocier, les gens n'ont guère le choix de faire confiance au bon jugement de leurs dirigeants - de qui ils se méfient de plus en plus, justement !

Devant la montée du protectionnisme aux États-Unis et en Grande-Bretagne, le fardeau de la preuve revient aux chefs d'État. C'est à eux de faire la démonstration que la coopération entre les pays crée des emplois, débouche sur de meilleures conditions de travail et aide à réduire les inégalités plutôt qu'à les accroître.

De ce point de vue, comme l'a si bien dit le président Obama, le monde est en train de donner une leçon à ses élites traditionnelles.

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