La bonne mesure

Parmi les mesures avancées mardi par la conseillère... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Parmi les mesures avancées mardi par la conseillère Louise Boudrias et la commission Gatineau, ville en santé, il y a cette idée de rendre les fumeurs persona non grata dans les parcs de la ville fréquentés par des enfants.

Patrick Woodbury, LeDroit

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CHRONIQUE / Gatineau veut aller encore plus vite et plus loin que Québec dans la lutte au tabagisme, mais elle rechigne, comme toujours, à se donner les moyens financiers pour y parvenir...

Le conseil municipal a discuté longuement, mardi matin, des implications de la nouvelle loi antitabac qui est entrée en vigueur à la fin mai au Québec.

Les villes doivent s'ajuster car cette dernière mouture de la Loi sur le tabac touche des équipements municipaux, comme les aires de jeux extérieures et les terrains sportifs pour enfants.

Or voilà, Gatineau voudrait en faire un peu plus que ce qui est exigé dans la nouvelle loi, inspirée en cela par sa voisine Ottawa qui a une longueur d'avance sur le Québec en matière de lutte au tabagisme.

Parmi les mesures avancées mardi par la conseillère Louise Boudrias et la commission Gatineau, ville en santé, il y a cette idée de rendre les fumeurs persona non grata dans les parcs de la ville fréquentés par des enfants.

En adoptant un règlement en ce sens, Gatineau irait plus loin que la loi provinciale qui permet toujours de fumer dans les parcs municipaux - sauf dans un rayon de 9 mètres autour des structures de jeux pour enfants.

L'idée de Mme Boudrias a du bon.

D'abord, parce qu'une interdiction totale serait plus aisée à appliquer que cette fameuse règle des 9 mètres. Au moins, les inspecteurs n'auraient pas à traîner un ruban à mesurer pour confondre les fumeurs délinquants !

Ensuite, en proscrivant purement et simplement la cigarette des parcs municipaux, on éviterait les conflits entre fumeurs et non-fumeurs qui pourraient survenir à l'extérieur de la zone des 9 mètres.

En même temps, il faudrait voir jusqu'où irait l'interdiction. Est-ce qu'elle s'appliquerait lors des grands rassemblements populaires de la Saint-Jean-Baptiste au parc Moussette ou au parc Deschênes, où cigarette, alcool et musique font quand même bon ménage depuis des années ?

En matière de loi antitabac, tout est question de mesure. C'est le fait que la nécessité d'une loi ou d'un règlement est reconnue par la vaste majorité de la population qui lui donne toute sa force de frappe.

Au conseil municipal mardi, certains élus faisaient grand cas de ce que Québec n'a prévu qu'une dizaine d'inspecteurs pour faire respecter sa Loi sur le tabac dans l'ensemble de la province.

En outre, si Gatineau devait adopter un règlement encore plus mordant que la loi provinciale, elle devrait embaucher, à ses frais, sa propre brigade d'inspecteurs. Certains se demandent à quoi ça rime d'adopter un règlement plus musclé si on est incapable de le faire respecter...

C'est oublier que le succès des mesures antitabac repose d'abord sur les campagnes pour dénormaliser l'usage de la cigarette. Si la majorité des fumeurs eux-mêmes trouvent anormal de fumer aujourd'hui, c'est beaucoup à cause des efforts pour leur faire admettre les effets nocifs du tabac.

La beauté de l'affaire, c'est qu'une fois qu'ils ont compris cela, la majorité des fumeurs n'a plus besoin d'inspecteurs pour les surveiller.

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