Que reste-t-il des beaux rêves ?

Justin Trudeau semble le mieux placé parmi les... (Paul Chiasson, Archives La Presse Canadienne)

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Justin Trudeau semble le mieux placé parmi les dirigeants nord-américains pour incarner le message d'optimisme et d'ouverture porté jadis avec force par Obama.

Paul Chiasson, Archives La Presse Canadienne

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CHRONIQUES / C'est fou comme les choses ont changé depuis la dernière visite de Barack Obama à Ottawa.

Après son élection, le premier président noir de l'histoire des États-Unis avait choisi le Canada pour sa toute première visite à l'étranger. Le temps d'une folle journée de février 2009, l'Obamamanie avait gagné Ottawa.

Je m'étais mêlé aux centaines de fans du nouveau président (je n'ai pas d'autres mots !) qui avaient fait le voyage jusque dans la capitale canadienne. Pendant des heures, ils avaient bravé le froid dans l'espoir d'apercevoir, ne serait-ce qu'un moment, le sourire décontracté du président à l'ombre de la Tour de la Paix.

Le temps d'une journée, Obama était devenu l'homme le plus cool en ville. Une véritable star. Avec son slogan « Yes, we can », il incarnait l'espoir d'une Amérique nouvelle, plus ouverte, plus tolérante et moins guerrière que les USA, façon George W. Bush.

Que reste-t-il de tous ces beaux rêves, sept ans plus tard ?

Le Barack Obama qui débarque au Canada mercredi pour le sommet des « trois amigos » n'est plus le même homme. En fait, il n'est plus qu'un pâle reflet de ce qu'il symbolisait avec tant de force lors de son premier passage à Ottawa.

Face à une chambre des représentants et à un Sénat à majorité républicaine, le président démocrate n'a pu accomplir comme il le souhaitait toutes les réformes envisagées durant sa campagne triomphale de 2009.

L'Amérique qu'Obama souhaitait unir semble plus divisée et désillusionnée que jamais. Chaque tuerie de masse vient rappeler l'inextricable et meurtrière absurdité du débat sur le contrôle des armes à feu aux États-Unis.

Plus préoccupant encore, l'espoir de 2009 a cédé le pas à un sentiment de méfiance grandissant envers les élites et les étrangers chez nos voisins du Sud. L'impunité avec laquelle un Donald Trump exploite à son profit et sans aucun scrupule ce sentiment de désillusion au sein de la population fait craindre le pire s'il remporte la prochaine élection présidentielle.

Dans ce contexte trouble, Justin Trudeau semble le mieux placé parmi les dirigeants nord-américains pour incarner le message d'optimisme et d'ouverture porté jadis avec force par Obama.

Plusieurs mois après l'élection, la popularité personnelle du jeune premier ministre canadien ne faiblit pas, alimentée à coups de selfies et de bains de foule.

En outre, le chef libéral a bien fait jusqu'ici pour redorer le blason écorché du Canada sur la scène internationale, avec la signature de l'accord de Paris sur le climat et l'accueil de plus de 25 000 réfugiés syriens.

Alors, de l'Obamamanie à la Trudeaumanie ? Qui sait, ce sommet des « trois amigos » qui se tient mercredi à Ottawa pourrait avoir l'allure d'un passage du bâton témoin...

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