Les autres, c'est nous

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Dans une lettre transmise le 29 juin au président-directeur général du CUSM, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, en appelait au respect de la Loi concernant les soins de fin de vie.

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CHRONIQUE / Admise à l'hôpital de Gatineau à la suite d'une chute, une veuve de 82 ans implore le personnel médical de la laisser mourir en paix. « Ma vie n'a plus de sens, je ne veux pas être un poids pour les autres », leur dit-elle.

Ce qui me dérange dans cette histoire, ce n'est pas qu'un tribunal ait autorisé l'hôpital à héberger et à traiter cette dame contre son gré bien qu'elle s'exprime avec cohérence et grande détermination. Au contraire, compte tenu de son passé médical, et notamment du fait qu'elle a souffert d'une dépression majeure après le décès de son mari en 2010, il y avait tout lieu d'être prudent dans son cas. 

La juge a simplement fait preuve de bon sens en exigeant qu'on lui prodigue des soins appropriés d'ici à ce qu'une seconde expertise psychiatrique vienne éclairer la cour sur son état mental, le mois prochain.

S'il s'avère que la dame est apte à refuser la nourriture et les soins qu'on veut lui prodiguer, il sera encore temps de respecter sa volonté.

Des ordonnances de soins, les hôpitaux en demandent régulièrement aux tribunaux pour des personnes qui ont des problèmes de santé mentale. On n'est pas ici devant un cas d'acharnement thérapeutique. Seulement devant un hôpital qui joue de prudence avant de cesser de traiter, au péril de sa vie, une personne en état de grande détresse.

•••

Non, ce qui m'a ébranlé dans cette histoire rapportée par mon collègue Louis-Denis Ebacher, c'est la raison invoquée par la veuve pour qu'on la laisse mourir en paix sur son lit d'hôpital. Une raison qu'elle a exprimée très clairement au personnel médical : depuis le décès de son mari, sa vie n'a plus de sens. Elle veut mourir parce qu'elle refuse d'être un « fardeau » pour les autres.

J'ai repensé à ma grand-mère et à plusieurs femmes de sa génération. Des mères qui se sont dépensées toute leur vie pour leurs enfants. Qui s'oubliaient pour les autres dans un esprit de charité chrétienne. À la fin, ma grand-mère aussi détestait l'idée de devenir un fardeau pour la société. Après avoir tant donné, elle méritait pourtant qu'on s'occupe d'elle. En vieillissant, c'est normal de dépendre des autres.

Et puis les autres, c'est moi, c'est nous.

C'est notre société qu'on dit moderne, ouverte et progressiste. Mais qui laisse croire à ses éléments les plus vulnérables qu'ils représentent un poids dès qu'ils deviennent moins productifs.

À cette veuve de 82 ans que je ne connais pas, il me semble que c'était de notre responsabilité collective de lui opposer un solide démenti. De lui dire : désolé madame, mais dépendre des autres n'est pas une raison valable en soi pour qu'on vous laisse mourir sans rien faire. 

Même si vous êtes vieille, malade et fatiguée, même si vous vous sentez bien seule depuis la mort de votre mari, vous méritez qu'on s'occupe bien de vous jusqu'à la fin.

Le pont incendié

Comme tout le monde, j'ai été choqué d'apprendre la destruction du pont Brabant-Philippe. On peut bien blâmer la lenteur de la Ville de Gatineau à sécuriser les lieux, les vandales qui ont fait le coup sont les vrais responsables.

Voilà qu'on se questionne à savoir si on rebâtira le pont une troisième fois. C'est le plus triste. L'imbécile qui a fait ça n'a pas seulement brûlé un pont. Il a démotivé un tas de monde décidé à faire de Gatineau une ville plus belle. Y'a pas de mot pour dire comment c'est vicieux et égoïste de sa part.

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